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Demandez à un cardiologue : consommation d’alcool

Q : J’ai entendu dire que consommer un verre de vin par jour était bon pour le cœur. Est-ce vrai?
Une femme appuyée sur un comptoir de cuisine, devant une coupe de vin rouge, du pain et du fromage

R : Consommer une petite quantité d’alcool (une consommation par jour) n’est probablement pas nocif pour le cœur. Mais la théorie selon laquelle la consommation d’alcool peut être bénéfique pour la santé globale n’a pas été entièrement démontrée par la science. 

Au fil des ans, des études ont permis de déterminer qu’une faible consommation d’alcool contribuait à réduire le risque de maladies du cœur. 

Selon ces études, les personnes qui consomment une quantité modérée d’alcool (moins de deux consommations par jour la plupart des jours) sont environ 20 % moins susceptibles de mourir d’une maladie du cœur, y compris d’une crise cardiaque, d’une fibrillation auriculaire, d’une insuffisance cardiaque et d’une maladie coronarienne, que celles qui n’en consomment pas. 

Cette tendance semble être présente tant chez les personnes qui ont une maladie du cœur que chez celles qui n’en ont pas. Des bienfaits ont été constatés, quel que soit le type d’alcool consommé (vin, bière ou spiritueux). 

Ces résultats peuvent être rassurants pour la plupart des gens, mais ils ne signifient pas pour autant qu’il est recommandé de commencer à consommer de l’alcool pour des raisons de santé. 

Pourquoi vous ne devriez pas commencer à consommer de l’alcool pour des raisons de santé 

Malgré ces études, nous ignorons toujours si la diminution du risque de mourir d’une maladie du cœur est liée à la consommation d’alcool ou à d’autres facteurs. 

Il est, par exemple, difficile de tirer des conclusions chez les personnes qui ont participé à ces études et qui ne consomment pas d’alcool. En effet, il est très complexe dans les enquêtes de comprendre pourquoi les gens ne consomment pas d’alcool. Certains affirment que c’est en raison d’une maladie, d’autres d’une prédisposition à l’alcoolisme. Malheureusement, nous n’obtenons pas toujours des réponses honnêtes de la part des participants en raison du stigmate social entourant l’alcool. 

Par conséquent, il est tout à fait possible que les bienfaits constatés dans ces études chez les personnes ayant une consommation d’alcool allant de légère à modérée ne soient pas liés à l’alcool, mais plutôt aux personnes elles-mêmes.    

Le statut socioéconomique joue également un rôle important dans ces résultats. Le lieu de résidence, le niveau d’éducation et le revenu sont des facteurs qui ont une grande influence sur la santé des gens. Les études montrent que lorsque l’on tient compte de ces facteurs et de certains autres comme le tabagisme, l’alimentation et l’exercice, bon nombre des effets protecteurs de l’alcool sont amoindris et parfois même renversés.
 
En fait, il existe un paradoxe intéressant quant à la consommation d’alcool : bien qu’une petite quantité soit bénéfique, une trop grande quantité constitue un facteur de risque associé aux maladies du cœur et à l’AVC. Dans tous les cas, une grande consommation d’alcool augmente le risque lié à ces maladies. 

Les bienfaits ne surpassent pas les risques 

La consommation chronique d’alcool en grande quantité peut entraîner une condition appelée cardiomyopathie alcoolique. Consommer beaucoup d’alcool (de quatre à cinq consommations par jour pendant plusieurs années) entraîne un affaiblissement du muscle cardiaque. 

Cet affaiblissement devient encore plus important lorsqu’une personne consomme de l’alcool en quantité excessive.

Une consommation excessive d’alcool (lors d’une même occasion, quatre consommations ou plus pour les femmes, et cinq consommations ou plus pour les hommes) et une consommation importante d’alcool peuvent augmenter la pression artérielle et le risque de développer une arythmie cardiaque, comme la fibrillation auriculaire. Une telle consommation d’alcool peut augmenter le risque de mortalité, que la personne souffre d’une maladie du cœur ou non. Les personnes qui survivent à une crise cardiaque et qui ont déclaré consommer de l’alcool en quantité excessive sont deux fois plus susceptibles de succomber à quelque affection que ce soit, y compris à des maladies du cœur, que celles qui n’en consomment pas excessivement. Il ne fait aucun doute que la consommation excessive d’alcool, même une fois par semaine, vous expose à un risque plus élevé de souffrir d’une maladie du cœur ou d’un AVC.

Nous avons tendance à minimiser ce point, mais si vous tentez de perdre du poids sainement, réduire votre consommation d’alcool peut vous éviter de nombreuses calories! Les bières légères et non alcoolisées constituent un meilleur choix que les bières standards en ce qui a trait à la teneur en calories et en alcool. 

En conclusion, si vous ne consommez pas d’alcool, vous ne vous privez d’aucun bienfait et il n’est pas recommandé que vous changiez vos habitudes. Le risque de cancer, de maladies du foie, de pancréatite, d’accidents, de suicide et d’exposition à de la violence fait également partie des effets négatifs liés à l’alcool. 

Il existe de meilleures façons de réduire le risque associé aux maladies du cœur, comme faire de l’exercice, avoir une alimentation équilibrée et cesser de fumer. Ces méthodes offrent toutes des avantages sans les risques supplémentaires associés à l’alcool. Cependant, consommer une petite quantité d’alcool de temps à autre n’est pas forcément préjudiciable à la santé. La modération est la solution. 

Comme il existe certaines exceptions, il est important de parler à votre médecin de votre consommation d’alcool. Certaines personnes doivent éviter d’en prendre pour ne pas aggraver leur condition. Le mélange d’alcool et de certains médicaments peut également entraîner des effets secondaires dangereux.

Limitez votre consommation d’alcool de la façon qui suit :

  • deux consommations par jour la plupart des jours, pour un maximum de 10 par semaine pour les femmes*;
  • trois consommations par jour la plupart des jours, pour un maximum de 15 par semaine pour les hommes.

    Une consommation, c’est :

  • 341 ml ou 12 oz (1 bouteille) de bière à un taux d’alcool normal (5 %);
  • 142 ml ou 5 oz de vin (taux d’alcool de 12 %);
  • 43 ml ou 1½ oz de spiritueux (taux d’alcool de 40 %).

Le Dr Jay Udell est cardiologue au Women’s College Hospital et au Peter Munk Cardiac Centre du University Health Network. 

Il est également clinicien scientifique au Women’s College Research Institute et à la faculté de médecine de l’Université de Toronto.