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Les jeunes femmes et l’AVC

Trois histoires sur le choc du diagnostic d’AVC et les défis du rétablissement chez les jeunes femmes

Vie active, bonne santé, moins de 30 ans. Voilà des traits qui ne riment pas avec AVC. Pourtant, les données montrent que le nombre d’AVC chez les jeunes adultes est en hausse.

Même si les causes ne sont pas toujours connues, les jeunes femmes sont plus à risque étant donné la grossesse et la prise de contraceptifs oraux.

De plus, nombreuses sont celles qui ne savent pas reconnaître les signes de l’AVC ou la nécessité d’appeler le 9-1-1 le plus rapidement possible. « Quand les signes de l’AVC apparaissent chez des jeunes femmes, celles-ci ont davantage tendance à les minimiser et à perdre un temps précieux avant de demander de l’aide médicale. Elles sont donc plus à risque d’avoir des séquelles graves », affirme Patrice Lindsay, directrice, AVC, à Cœur + AVC.

Voici trois histoires qui dressent un portrait de ce groupe inhabituel.

Jessica : À la recherche d’un diagnostic

Six jours. C’est le temps qui s’est écoulé entre le moment où Jessica Shirra, 26 ans, a senti une pression dans son cou, suivie d’une vision floue d’un œil et d’un mal de tête intense, et celui où elle a reçu son diagnostic.

<span style="color: rgb(103, 103, 103); font-family: NHaasGroteskDSW01-45Lt, Helvetica, sans-serif; font-size: 18px; font-style: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-caps: normal; font-weight: 400; letter-spacing: 0.6px;">Jessica Shirra et son mari, Craig Shirra. </span>
Jessica Shirra et son mari, Craig Shirra. 

Jessica était au centre de conditionnement physique quand elle a commencé à se sentir mal; elle a alors quitté son cours et est rentrée à la maison à pied. Quand elle s’est présentée au service des urgences, on lui a dit qu’elle avait une migraine, même si elle n’en avait jamais fait auparavant.

Six jours et quatre visites médicales plus tard, les médecins ont finalement découvert que Jessica avait fait un AVC. Six jours de trouble de la vision, de difficulté à écrire et à marcher, et même à accomplir des gestes simples comme s’attacher les cheveux. Les médecins ont d’abord jeté le blâme sur les maux de tête, puis sur l’anxiété, avant qu’une IRM révèle l’AVC.

Des traitements rapides sont liés à une meilleure chance de survie et à des séquelles moins graves.

Les heures qui suivent l’AVC sont cruciales pour le rétablissement de la personne.

Dans le cas de Jessica, même les médecins ne soupçonnaient pas une atteinte. Si des traitements rapides sont liés à une meilleure chance de survie et à des séquelles moins graves, on peut dire que Jessica a été chanceuse. Après trois semaines à l’hôpital, une intervention chirurgicale où l’on a implanté trois endoprothèses dans son artère carotide, et plusieurs mois de rétablissement, elle a pu marcher jusqu’à l’autel le jour de son mariage, pour rejoindre celui qui était à ses côtés tout au long de cette épreuve. Elle n’a gardé aucune séquelle durable de son AVC.

Annie: La grossesse a changé le parcours de ma vie

C’est bien connu, la maternité change tout, mais pour Annie Cinq-Mars, cela s’est passé d’une façon qu’elle n’aurait jamais imaginée. À l’âge de 28 ans, alors à 20 semaines de grossesse, Annie se sentait bizarre en revenant à la maison après une marche matinale : elle ressentait des étourdissements, elle avait de la difficulté à parler et elle avait perdu la vue de son œil droit.  

<span style="color: rgb(103, 103, 103); font-family: NHaasGroteskDSW01-45Lt, Helvetica, sans-serif; font-size: 18px; font-style: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-caps: normal; font-weight: 400; letter-spacing: 0.6px;">Annie Cinq-Mars</span>
Annie Cinq-Mars

Toutefois, elle ne savait pas que ces symptômes sont des signes communs de l’AVC ni que la grossesse peut augmenter le risque d’AVC. Inquiète pour son bébé, elle s’est présentée à l’hôpital, où les médecins ont diagnostiqué un AVC.  

Le fils d’Annie est né en bonne santé et sans complications. Mais ce qu’elle a pris pour une fatigue normale de nouvelle mère s’est avéré plus incapacitant. Les tâches telles que s’occuper de la maison et du bébé ainsi que préparer des repas semblaient accablantes. 

Sept semaines après son retour au travail en éducation spécialisée, Annie a reçu un congé forcé. Après deux ans de réadaptation, elle est retournée au travail à raison de deux jours par semaine. Elle a dû réapprendre à gérer sa fatigue et se munir de plusieurs stratégies afin de compenser sa mémoire.

Aujourd’hui âgé de 17 ans, le fils d’Annie, Sacha, est heureux que sa mère soit à la maison à son retour de l’école. Toutefois, sa fatigue l’agace parfois. Le plus difficile pour Annie est que les médecins lui ont conseillé de ne pas avoir d’autres enfants puisqu’ils croient que l’AVC qu’elle a subi était associé à sa grossesse. Sacha est donc fils unique. « Un AVC fait plusieurs victimes », affirme Annie.

Erica : Le meilleur de la guérison

Erica Norman se demande souvent ce qui serait arrivé si elle ne s’était pas arrêtée pour parler avec un ami d’entraînement du YMCA avant de rentrer à la maison.

 
<p>Erica Norman</p>

Erica Norman

C’était un mardi soir et alors que la discussion battait son plein, l’ingénieure en mécanique de 27 ans s’est sentie étourdie et a cru perdre le contrôle de son bras gauche. Puisqu’elle avait de la difficulté à marcher, elle a demandé à l’homme de lui apporter une chaise. Une fois assise, elle s’est mise à vomir. Erica a à peine réussi à marmonner le numéro de téléphone de son copain et à demander à un employé du gym d’appeler une ambulance.

La cause de son AVC : une malformation congénitale des vaisseaux sanguins du cerveau qui était restée imperceptible tout ce temps.

Je suis bien plus reconnaissante d’avoir ma vie qu’une main gauche qui ne tremble pas. 

Erica Norman

Cinq mois plus tard, peu de signes visibles de cette expérience demeurent. Erica affirme toutefois que durant son rétablissement, elle a dû surmonter la honte associée au fauteuil roulant et à l’appareil d’aide à la marche. On lui parlait souvent comme à une enfant, ce qui ne faisait qu’augmenter son sentiment d’insécurité.

« Je crois que je faisais pareil par le passé. Les gens me voyaient me déplacer avec un ambulateur et associaient mon incapacité physique à un handicap mental. C’est un sentiment très inconfortable. »

Même si Erica peut maintenant marcher sans aide, elle garde comme séquelle un tremblement dans sa main et des problèmes de coordination. L’AVC a changé sa façon de voir les choses, et l’a inspirée à aider ceux qui traversent la même épreuve. Elle commencera bientôt une maîtrise en physiothérapie.

« Avant, j’avais peur de ce que pouvaient penser les autres. Maintenant, je suis bien plus reconnaissante d’avoir ma vie qu’une main gauche qui ne tremble pas. »