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Petit AVC, grand avertissement

Le sénateur Murray Sinclair confie que son AVC lui a ouvert les yeux sur son obligation de s’occuper davantage de sa santé.

Photo by Dave Chan.

Un jour, le juge Murray Sinclair, alors âgé de 56 ans, s’est réveillé un peu confus. Il s’est dit que c’était parce qu’il avait mal dormi, et il a commencé à se préparer pour aller au bureau, à Winnipeg. Il a mis plus de temps que d’habitude à se préparer parce qu’il se sentait un peu étourdi et qu’il oubliait ce qu’il était censé faire ensuite.

Au bureau, il avait du mal à taper. « Je n’arrivais pas à enfoncer les touches de la main gauche, je faisais donc beaucoup de fautes de frappe. Je me heurtais souvent du côté gauche sur le bureau ou les cadres de porte. »

Néanmoins, il a continué son travail administratif, et il a fini juste avant midi. « Je me suis dit que je ferais bien de consulter mon médecin, et l’infirmière m’a dit de venir tout de suite. » Il allait apprendre qu’il avait été victime d’un AVC.

Le juge Sinclair, aujourd’hui sénateur, est plus connu pour ses rôles de commissaire adjoint dans l’Enquête publique sur l’administration de la justice et les peuples autochtones du Manitoba, et de commissaire en chef de la Commission de vérité et réconciliation (de 2008 à 2015). Il nous a parlé de l’AVC qu’il a subi en 2007, des conséquences et de son rétablissement.

Qu’est-ce qui s’est passé lorsque vous avez rencontré votre médecin?

Le médecin m’a fait passer quelques tests sur place. Il m’a demandé de lever une jambe, puis l’autre. Lorsque j’essayais de lever la jambe gauche, je perdais l’équilibre. Il m’a aussi demandé de tendre les bras et de fermer les yeux. Quand je les ai ouverts, ma main gauche était tombante. Il m’a demandé de prendre un comprimé d’ASPIRIN® tout de suite, et il m’a dit : « Je pense que vous avez fait un petit AVC. »

Ma femme est venue me rejoindre et elle m’a emmené à l’hôpital. Ils m’ont donné des pilules – des médicaments qui éliminent les caillots – et m’ont fait passer d’autres tests, dont une IRM crânienne. Les médecins ont trouvé des signes de dommages dans un lobe de mon cerveau, mais une échographie des vaisseaux sanguins de mon cou et de ma tête n’a pas révélé d’autres signes de caillots. Je suis resté en observation un moment, et vers minuit, j’ai pu rentrer chez moi. Ils m’ont prescrit des médicaments anticoagulants et du LipitorMD, un médicament pour contrôler le cholestérol.

Comment s’est passé votre rétablissement?

Je me suis rétabli à la maison. Je me suis senti exténué pendant plusieurs jours après l’AVC. Je me heurtais encore aux objets et je ne pouvais toujours pas contrôler ma main gauche, ou lire correctement.

J’ai vu un neurologue une semaine après l’AVC. J’ai pu voir les résultats d’analyse qui ont permis de confirmer que j’avais subi un AVC mineur.

Cinq ou six semaines après l’incident, j’avais encore tendance à aller vers la gauche en marchant. La seule façon de marcher en ligne droite était de m’appuyer sur une canne. J’avais encore du mal à taper ou à faire des choses de la main gauche. Ma main manquait de force et la coordination de ce côté de mon corps était difficile.

Après environ six semaines de congé, j’ai eu le feu vert du médecin pour retourner au travail.

Dans les premiers temps de mon retour au travail, je me fatiguais plus rapidement, et ce que je trouvais le plus exigeant, c’était les déplacements. L’une des premières choses que j’ai faites après avoir obtenu le feu vert de mon médecin pour recommencer à travailler a été de prendre l’avion pour Vancouver pour rendre visite à mon fils et à sa famille, sauf que j’étais tellement fatigué lorsque je suis arrivé que j’ai dormi presque toute la journée!

Et maintenant? Avez-vous gardé des séquelles?

Ma main gauche va bien à présent, et tout est rentré dans l’ordre, à peu de choses près. Les médicaments m’ont beaucoup aidé à penser plus clairement et à chasser le sentiment de confusion. À partir de là, mon rétablissement est passé par les exercices, afin de regagner ma force et de retrouver ma coordination.

Je continue à prendre des médicaments de manière préventive pour abaisser mon taux de cholestérol et ma pression artérielle, et de l’ASPIRIN® pour réduire le risque qu’un autre caillot se forme.

Quel a été le plus grand défi lors votre rétablissement?

Accepter l’AVC. Pendant longtemps, je n’ai pas cru que j’avais été victime d’un AVC. Je disais que j’avais eu un AIT (accident ischémique transitoire, ou un mini-AVC) parce que ce sont des noms moins graves, des noms qui laissent entendre qu’il ne s’agissait pas d’un « véritable » AVC. Il m’a fallu presque un an pour trouver le courage d’en parler sérieusement à mon médecin.

Lorsque j’ai appris à l’accepter [l’AVC], j’ai alors compris que je continuais à ne pas tenir compte de mon obligation de m’occuper davantage de ma santé. Je ne prenais pas mon rétablissement très au sérieux. J’ai donc fait l’effort de perdre du poids, de surveiller mon alimentation et de faire de l’activité physique pour garder mon corps actif. Et je continue à prendre mes médicaments.

Avant mon AVC, j’avais un surplus de poids. Je ne m’alimentais pas bien, et la qualité de mon sommeil laissait aussi à désirer. De plus, il y a des antécédents d’AVC dans ma famille. Ma mère en est décédée à 25 ans, mais c’est une chose que j’ignorais lorsque j’ai eu le mien. Ma grand-mère paternelle, celle qui m’a élevé, a été victime d’un AVC dans la soixantaine. Elle a dû réapprendre à marcher avec une canne, et elle a récupéré l’usage de sa main à force de faire des exercices.

Aujourd’hui, mon mode de vie est plus sain et je dirais que je suis en meilleure santé maintenant que je ne l’étais avant l’AVC.Qu’en est-il de votre plus grande réussite?

Ma femme et ma fille m’accompagnent depuis le début, et toute ma famille m’aide à garder un œil sur mon mode de vie. Ils m’accompagnent parfois lorsque je voyage, et si je dois partir seul, je parle à un membre de la famille chaque jour.

J’ai aussi reçu d’excellents soins. Heureusement que j’ai pu voir mon médecin aussi rapidement; même si je savais que quelque chose n’allait pas, je n’avais aucune idée de ce que c’était. Je suis convaincu que si je n’avais pas obtenu de l’aide aussi rapidement, mon cerveau aurait subi plus de dommages.

Une chose que j’ai apprise avec les années, c’est le fait que, dans la communauté autochtone, il y a un manque important de ressources communautaires appropriées. J’avais la chance d’habiter dans une région urbaine au moment où j’ai subi mon AVC. Si cela m’était arrivé dans une des communautés que j’ai visitées au cours des années, j’aurais souffert considérablement à cause du manque de soins médicaux nécessaires, particulièrement un traitement médical d’urgence.

Il se peut que des personnes des collectivités rurales et éloignées ne reçoivent aucun traitement, car elles ignorent qu’elles ont subi un AVC.

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