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Protéger le cœur des femmes enceintes

La grossesse peut augmenter votre risque de développer une maladie du cœur. La chercheuse Margie Davenport veut réduire ce risque
Dr. Margie Davenport

Les complications liées à la grossesse peuvent augmenter le risque qu’une femme développe une maladie du cœur. C’est pourquoi les travaux de recherche de la Dre Margie Davenport visent à établir des moyens de prévenir les complications graves les plus courantes, comme la prééclampsie. 

La prééclampsie se caractérise par une soudaine hypertension artérielle durant la grossesse. Elle disparaît après l’accouchement, tandis que le risque de maladies du cœur pèse toujours sur les mères, d’après la Dre Davenport, physiologiste de l’exercice et professeure adjointe à l’Université de l’Alberta. 

La recherche révèle que les femmes ayant souffert d’une prééclampsie ont deux fois plus de risque de développer une maladie du cœur au cours de leur vie que les autres femmes.

En 2011, l’American Heart Association a reconnu la prééclampsie et d’autres complications liées à la grossesse, y compris l’hypertension gestationnelle et le diabète de grossesse, comme des facteurs de risque aussi graves que le tabagisme.

« C’est un tournant important dans la recherche sur la grossesse et les maladies du cœur. » 

Selon la Dre Davenport, le fait qu’environ 8 % des femmes souffrent d’une prééclampsie ne laisse personne indifférent, surtout lorsqu’on connaît le taux de survie 30 ans plus tard chez les femmes ayant développé ce trouble avant la 34e semaine de grossesse. 

Ainsi, une femme de 26 ans souffrant de complications avant sa 34e semaine de grossesse n’a que 86 % de chance d’être toujours en vie à 56 ans. « C’est énorme, souligne-t-elle. Normalement, chez une femme en bonne santé de 56 ans, on s’attend plutôt à un taux de survie entre 99 et 100 %. » 

Risque pour les femmes en santé

Dans la plupart des cas, la prééclampsie se manifeste chez les femmes en bonne santé. Le risque est aussi plus élevé lors de premières grossesses et chez les femmes plus âgées. Les facteurs de risque de maladies du cœur et d’AVC, comme un poids malsain et le diabète, augmentent aussi ce risque.  

On ignore toujours les causes exactes de la prééclampsie. 

Il possible que ce soit parce que le système nerveux sympathique, qui gère la réaction de lutte ou de fuite de l’organisme, est hyperactif chez certaines femmes. Le stress physique engendré par la grossesse peut aussi être en cause. 

« La grossesse est un test de stress », affirme la Dre Davenport, lauréate d’une bourse de nouveau chercheur de Cœur + AVC pour son travail sur la santé cardiovasculaire des femmes. En effet, non seulement elle porte un bébé, la femme enceinte doit aussi produire un placenta – un tout nouvel organe – sans compter que son volume sanguin est doublé et que ses taux hormonaux montent en flèche. 

« Il s’agit d’un stress cardiovasculaire et physiologique considérable. Le moindre petit problème de santé est soudainement amplifié par le stress découlant de la grossesse. » 

Protéger les femmes avec l’exercice physique

Bien qu’il n’existe pas de remède contre la prééclampsie, une partie de la solution pourrait consister à faire de l’activité physique, selon la Dre Davenport. 

On sait maintenant que l’exercice physique réduit le risque de maladies du cœur chez les femmes qui ne sont pas enceintes. 

« On n’en sait toutefois très peu sur son incidence sur la santé cardiovasculaire durant la grossesse. »

Dans le cadre de ses travaux, la Dre Davenport a analysé les données de nombreuses études pour déterminer si les femmes qui sont physiquement actives pendant la grossesse réduisent leur risque de développer une prééclampsie. Les résultats, accompagnés de recommandations à propos de la fréquence, de l’intensité et du type d’activité physique pouvant être prescrites aux femmes enceintes pour réduire leur risque, seront publiés dans la directive clinique canadienne sur l’exercice physique pendant la grossesse en 2018. 

Bien que ces travaux de recherche soient toujours en cours, la Dre Davenport invite les femmes qui s’inquiètent de leurs facteurs de risque ou qui souhaitent amorcer un programme d’activité physique durant leur grossesse d’en parler à un médecin. 

La chercheuse garde son objectif de recherche bien en vue : « Nous souhaitons fournir aux femmes une directive claire qui les aidera à vivre une grossesse sans risque aujourd’hui et à réduire leur risque de maladies du cœur demain. »