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Un antidépresseur allié du rétablissement post-AVC

Le Dr Dale Corbett examine des moyens de prolonger l’indispensable période de guérison
 Une infirmière assistant un patient en réadaptation à marcher sur une plate-forme en pente.

On estime que 62 000 AVC surviennent chaque année au pays. De plus en plus de personnes y survivent grâce aux progrès immenses réalisés en matière de sensibilisation, de détection et d’intervention rapide.

Cela signifie qu’environ 400 000 personnes au pays vivent avec les séquelles d’un AVC – un nombre qui devrait presque doubler au cours des deux prochaines décennies. Ces séquelles comprennent une mobilité réduite, une faible capacité à prendre soin de soi, des difficultés cognitives et un trouble de la mémoire.

Pour la plupart des survivants, le rétablissement initial ralentit ou cesse après quelques mois, ce qui peut les désoler et affliger leur famille.

Le Dr Dale Corbett, directeur scientifique du Partenariat canadien pour le rétablissement de l’AVC de Cœur + AVC, s’efforce de remédier à la situation. Il mène un projet de recherche financé par Cœur + AVC visant à étudier les moyens de prolonger, voire de relancer, le rétablissement du cerveau après un AVC.

 
Dr Dale Corbett

Notre recherche vise à élargir la fenêtre de rétablissement.

Dr Dale Corbett Chercheur subventionné par Cœur + AVC


Dans une étude précédente, le D
r Corbett démontrait que la clé du rétablissement repose sur une prompte réadaptation active. Les programmes de réadaptation ciblée qui sont entrepris rapidement après un AVC tirent profit du processus naturel de régénération du cerveau. Des molécules comme le facteur neurotrophique dérivé du cerveau (BDNF), une sorte d’« engrais pour le cerveau », sont libérées en réaction aux lésions cérébrales pour construire de nouvelles connexions ou pour reconfigurer les circuits cérébraux intacts.

Le créneau est cependant bref : après quelques semaines, ce processus ralentit alors que d’autres s’efforcent d’inhiber le développement cérébral. La réadaptation atteint un plateau, et la fenêtre de rétablissement se referme.

L’étude actuelle du Dr Corbett vise à trouver des moyens d’élargir, voire de rouvrir, cette fenêtre déterminante dans le rétablissement après un AVC, notamment en utilisant un antidépresseur sur ordonnance courant appelé fluoxétine (ou les médicaments apparentés) dans le cadre d’une polythérapie. Ce médicament multiplie les facteurs comme le BDNF pour stimuler les processus de guérison et de régénération et, surtout, pour freiner l’activité inhibitrice du développement cérébral.

« Nous savons qu’un AVC enclenche un grand travail d’adaptation pour réorganiser le cerveau et pour compenser la perte de tissu cérébral, affirme le Dr Corbett. Nous savons aussi que ce processus de “plasticité” ne dure pas bien longtemps. Notre recherche vise à élargir, voire à rouvrir, la fenêtre du rétablissement afin d’aider les survivants d’un AVC à se rétablir complètement. »

Le recrutement de patients pour un essai clinique qui testera l’hypothèse avancée sera amorcé en 2018.