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Un quotidien rempli bouleversé par l’AVC

Garima Dwivedi, femme de carrière et mère, a pu compter sur sa famille et ses amis pour se rétablir

Garima (à gauche) avec sa fille, Ila, et son fils, Janek.

Garima Dwivedi s’absente rarement du travail. Fonctionnaire et mère occupée, elle a trop de responsabilités pour se permettre un congé de maladie à cause d’un mal de tête, par exemple.

Pourtant, alors qu’elle se rendait au travail, en février 2014, une douleur derrière les yeux l’a contrainte à rebrousser chemin.

Son médecin lui a prescrit des antibiotiques, croyant que la douleur était causée par une infection des sinus. Elle n’avait aucun facteur de risque de l’AVC : elle n’était pas en surpoids, sa pression artérielle était normale, et son taux de cholestérol aussi. Mais le lendemain, la douleur s’était accentuée. Garima a dû prendre une autre journée de repos.

« Je pensais faire une réaction aux antibiotiques », se souvient-elle. À son retour de l’école, son fils Janek, âgé de 15 ans à l’époque, l’a trouvée en pleine crise d’épilepsie.

Ila, sa fille de 17 ans, est arrivée peu de temps après. Les paroles de sa mère étaient devenues inintelligibles. Ila l’a immédiatement conduite chez le médecin, près de chez eux, à Ottawa

Un saignement au cerveau

L’équipe de la clinique a tout de suite reconnu les signes de l’AVC et a appelé une ambulance pour conduire Garima à l’hôpital. Cette dernière faisait un AVC hémorragique, ce qui signifie qu’un vaisseau sanguin à l’intérieur de son cerveau s’était rompu, causant un saignement, puis un caillot.

Le lendemain matin, ses parents et son frère étaient à son chevet, s’étant envolés la veille de Calgary et de Vancouver, respectivement. Ils se sont relayés à ses côtés chaque jour, tout en étant là pour les enfants, tandis qu’elle commençait à se rétablir.

Elle a d’abord passé une semaine aux soins intensifs, puis une autre dans l’unité de l’AVC. Elle pensait qu’en obtenant son congé de l’hôpital, elle avait regagné l’usage de tout son corps, mais ce n’était pas le cas.


J’ai dû réapprendre à lire et à écrire.

Garima Dwivedi

 
« Ma mère me disait de m’asseoir droit, parce que je ne me rendais pas compte que je penchais d’un côté. » À ce jour, le côté droit de son corps est encore faible, mais elle s’exerce en salle pour le renforcer.

L’aspect cognitif du rétablissement a été difficile. « J’ai dû réapprendre à lire et à écrire. À l’épicerie, faire le lien entre ce qui était écrit sur l’étiquette et l’aliment comme tel me demandait beaucoup d’efforts. » Garima oubliait certains mots, même des mois après l’AVC. En plus de l’anglais, elle connaissait l’hindi et le français, sauf qu’elle n’arrivait plus à les parler.

Un soutien constant

À l’époque, Garima et son conjoint venaient de se séparer. Elle s’estimait chanceuse de pouvoir compter sur les membres de sa famille, ses amis et ses voisins. Par exemple, ceux-ci se sont relayés pour la mener à ses rendez-vous de réadaptation pendant qu’elle ne pouvait pas encore conduire, et quelqu’un était toujours là pour les enfants, qui trouvaient difficile de voir leur mère aussi démunie. « Une personne seule a besoin d’un réseau », soutient-elle.

« L’AVC peut arriver à n’importe qui et à n’importe quel âge, mais les femmes font généralement face à plus de difficultés au fil de leur rétablissement, explique Patrice Lindsay, directrice de l’AVC à Cœur + AVC.

L’expérience de Garima illustre bien les défis que doivent relever les femmes d’âge moyen, qui divisent leur temps entre leur carrière, leur famille et les soins à leurs proches. Elles ont souvent de la difficulté à prioriser leur santé et à s’accorder le temps qu’il faut pour récupérer. Nous devons en faire plus pour les soutenir après un AVC et leur donner le meilleur rétablissement possible. »

À bien des égards, Garima a trouvé plus facile de ne pas avoir de partenaire au cours des huit mois qui ont précédé son retour au travail – d’abord à temps partiel, puis à temps plein. « J’avais besoin d’être seule pour guérir et réfléchir. » C’est grâce à cet état d’esprit qu’elle a pu pleinement tirer parti de la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience, un traitement pour l’aider à surmonter le traumatisme et l’anxiété découlant de son AVC.

Grâce à ceux qui l’ont accompagnée, elle a pu trouver l’équilibre entre prendre soin d’elle-même et s’occuper de sa famille. « Le bon côté à cette expérience est qu’elle m’a rappelé l’importance des liens avec les autres. J’ai de la chance d’être aussi bien entourée. »