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Une recherche augmente la portée d’un traitement qui sauve des vies

Des patients ayant subi un AVC peuvent bénéficier du traitement 24 heures après le début des symptômes

Un traitement révolutionnaire qui réduit la mortalité et l’incapacité causées par un AVC grave pourra être utilisé pour sauver plus de vies, grâce à une nouvelle recherche.

Les derniers résultats de recherche montrent que ce traitement, la thrombectomie endovasculaire (TE), s’avérerait efficace 24 heures après les premiers symptômes de l’AVC chez un groupe de patients rigoureusement sélectionnés. Auparavant, la fenêtre temporelle du traitement pour ce groupe était de 12 heures.

« Cette prolongation permettra à un petit nombre de patients supplémentaires d’être traités et d’obtenir de meilleurs résultats », affirme Patrice Lindsay, directrice de l’AVC à Cœur + AVC.

Ainsi, la fenêtre temporelle élargie pourrait profiter aux patients qui vivent en régions éloignées ainsi qu’à ceux qui ne reçoivent pas de soins immédiatement parce qu’ils sont soit seuls ou endormis lorsqu’ils subissent l’AVC.

Mme Lindsay précise que le traitement doit être administré le plus rapidement possible.

Un traitement qui sauve des vies

La majorité des AVC sont causés par une obstruction ou un caillot dans un vaisseau sanguin du cerveau. C’est ce qu’on appelle un AVC ischémique. Lorsque le sang qui circule vers le cerveau est bloqué, les cellules cérébrales commencent à mourir.

Lors d’une TE,  une endoprothèse récupérable est utilisée pour détruire les gros caillots dans les vaisseaux sanguins. L’intervention est maintenant considérée comme la référence en matière de traitement de l’AVC ischémique grave.

Donna Sharman attribut son bon rétablissement post-AVC à la TE.

Un samedi matin, elle s’est soudainement effondrée sur le plancher de sa cuisine. Son mari, Andy, a alors composé le 9-1-1. Au Foothills Medical Centre, à Calgary, les médecins ont rapidement constaté que Donna avait subi un AVC grave. Ils ont recommandé une TE, qui était alors en essai clinique à l’hôpital.

« Ça m’a sauvé la vie, ou du moins, ça m’a évité de vivre avec une incapacité grave », affirme-t-elle.

L’efficacité de la TE pour réduire la mortalité et l’incapacité a été prouvée pour la première fois dans une recherche de 2015 cofinancée grâce aux donateurs de Cœur + AVC. Cependant, pour administrer le traitement, il faut un équipement de haute technologie et une excellente coordination réglée au quart de tour au sein des équipes de l’hôpital. Maintenant, la TE est offerte dans 23 hôpitaux au pays.

<p>Donna Sharman avec son mari, Andy</p>

Donna Sharman avec son mari, Andy

Nouvelles avancées, nouveaux défis

La nouvelle fenêtre temporelle de 24 heures pour la TE fait partie de la mise à jour des Recommandations canadiennes pour les pratiques optimales de soins de l’AVC (les « Recommandations ») de Cœur + AVC, publiée dans l’International Journal of Stroke de juillet 2018.

Selon Mme Lindsay, qui supervise les Recommandations, « les données probantes issues de la recherche révèle que les patients qui répondent aux critères à l’intérieur de la fenêtre temporelle prolongée obtiennent de meilleurs résultats et gardent moins de séquelles. Nous devons à présent déterminer de quelle façon il faut fournir ce niveau de soins aux personnes qui en ont besoin. »

Elle explique que ce processus commence par les ambulanciers, qui évaluent aujourd’hui les signes de l’AVC chez les patients. S’ils détectent ces signes, ils doivent effectuer un deuxième dépistage afin d’évaluer la gravité de l’atteinte et de décider à quel endroit ils conduiront la personne.

C’est pour cette raison qu’il est très important de composer le 9-1-1 ou le numéro d’urgence local et d’attendre les secours. Il ne faut jamais transporter à l’hôpital la personne qui a subi un AVC.

En raison de la prolongation de la fenêtre temporelle, de nombreuses personnes supplémentaires se soumettront à un tomodensitogramme, et les spécialistes examineront les images obtenues afin de déterminer quels patients pourront bénéficier de la TE.

« C’est notre plus grand défi, affirme Mme Lindsay. Il ne s’agit pas de connaître le nombre de personnes supplémentaires que nous traiterons, mais la quantité de patients que nous devrons évaluer afin de déterminer lesquels qui pourront être traités. »

Une réaction rapide

Bien que les nouvelles données changent la pratique, Mme Lindsay insiste sur une chose qui ne changera jamais : l’importance d’agir rapidement lorsqu’une personne présente les signes de l’AVC.

« Plus vous attendez, plus les cellules cérébrales meurent. Le nombre peut s’élever à 1,9 million par minute. »