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Diabète et maladies du cœur

Un nombre croissant de personnes en sont atteintes; c’est le cas de Susan et Jonathan.
Susan Trim

Susan Trim, bénévole de Cœur + AVC, mise sur une saine alimentation et de l’exercice physique régulier pour l’aider à gérer son diabète et sa maladie du cœur.

Le diabète est héréditaire pour Susan Trim. Cette résidente de St. John’s de 56 ans a tout de même été surprise lorsqu’elle a reçu son diagnostic de diabète de type 2 tout juste avant l’âge de 50 ans. « J’étais en bonne santé, alors je ne m’y attendais pas vraiment. »

Elle avait une alimentation saine et marchait régulièrement en plus d’aller souvent au centre sportif après sa journée de travail. Elle a commencé à prendre des médicaments pour le diabète, ce qui lui a permis de bien gérer la maladie.

En 2015, Susan est allée en vacances avec ses parents. « Nous étions à Lake Louise et je n’arrivais pas à gravir les sentiers escarpés. Je n’arrivais pas à suivre mes parents octogénaires », se rappelle-t-elle. Elle a vidé son inhalateur pour l’asthme en tentant de reprendre son souffle.

Les examens qu’elle a passés une fois de retour de vacances ont révélé qu’elle avait une sarcoïdose, une maladie inflammatoire qui s’était attaquée à son cœur. Les dommages ont entraîné l’insuffisance cardiaque, qui se produit lorsque le cœur n’est plus en mesure de pomper le sang correctement.

La sarcoïdose de Susan est disparue après trois mois de traitement aux stéroïdes, mais ses tissus cardiaques sont encore endommagés. 

De plus, ce traitement a exacerbé les symptômes de son diabète. Elle se sentait très mal et n’arrivait pas à dormir. Elle n’avait plus la force de faire de l’exercice. Elle devait alors prendre six pilules pour traiter son diabète au lieu de une, en plus de devoir prendre des médicaments pour son cœur.

Une corrélation avec les maladies du cœur

Même si le diabète de Susan n’a rien à voir avec sa maladie du cœur, la cause de la sarcoïdose n’étant pas connue, ces deux maladies sont souvent étroitement liées. 

Les personnes atteintes de diabète risquent davantage de développer une maladie du cœur qui ne se limite pas à une crise cardiaque. 

« Nous ne parlons pas assez du lien très fort entre ces maladies », déplore la Dre Doreen Rabi, endocrinologue au département de médecine de l’Université de Calgary. 

Le diabète le plus fréquent est celui de type 2. Il se manifeste à l’âge adulte et est causé par les cellules qui ne métabolisent pas l’insuline correctement. Le diabète de type 1 se développe plutôt à l’enfance. Il est lié à la perte de la capacité à produire de l’insuline en raison de la destruction des cellules des îlots pancréatiques.

Les personnes qui sont atteintes des deux types de diabète ont une glycémie plus élevée. Les vaisseaux sanguins sont mis à rude épreuve. La paroi vasculaire épaissit et durcit : c’est ce qu’on appelle l’athérosclérose. Des caillots peuvent se former dans les vaisseaux touchés par cette affection, ce qui peut entraîner divers problèmes de santé, comme la crise cardiaque.

Les facteurs de risque courants 

« Les personnes atteintes de diabète ont souvent une pression artérielle et un taux de cholestérol plus élevés », souligne la Dre Rabi. Le diabète et les maladies du cœur ont plusieurs facteurs de risque communs : un surplus de poids, un mode de vie sédentaire et une alimentation de faible qualité.

« Le diabète de type 2 réunit des facteurs qui augmentent drastiquement les risques de maladies du cœur », ajoute la Dre Rabi, dont la recherche a été subventionnée grâce aux donateurs de Cœur + AVC. 

L’incidence est majeure : les personnes atteintes de diabète sont trois fois plus susceptibles de mourir d’une maladie du cœur. 

Doreen Rabi

« Nous ne parlons pas assez du lien très fort entre ces maladies. »

Dre Doreen Rabi

La corrélation varie également en fonction du sexe : les femmes diabétiques sont plus susceptibles que les hommes de subir une crise cardiaque, de souffrir d’angine de poitrine (douleurs thoraciques) ou de devoir subir une chirurgie cardiaque. L’effet protecteur des hormones féminines sur la santé cardiaque des jeunes femmes est annulé par le diabète.

Selon la Dre Rabi, les maladies du cœur touchent de plus petits vaisseaux sanguins chez les femmes atteintes de diabète. Aussi, les symptômes peuvent ne pas être ressentis de la même façon que par les hommes.

Une relation bilatérale

Il peut arriver, en de rares occasions, qu’une maladie du cœur provoque le diabète. C’est ce qui est arrivé à Jonathan English, de Kingston, en Ontario. Il est né avec une maladie du cœur appelée la transposition des gros vaisseaux (TGV). Il a subi de nombreuses interventions chirurgicales au fil des ans, notamment pour se faire poser un stimulateur cardiaque.

« Je n’ai pas l’énergie de prendre bien soin de moi », explique Jonathan, maintenant âgé de 33 ans. Il a des antécédents familiaux de diabète et a reçu son diagnostic au début de la vingtaine.

Il travaillait alors à temps plein comme spécialiste en technologie d’aide adaptative, et il était trop fatigué à la fin de la journée pour s’entraîner. Il mangeait régulièrement des repas congelés ou à emporter. Il ne consommait pas beaucoup de sucre, mais il ne savait pas que les glucides contenus dans les pâtes et le pain blanc peuvent être tout aussi néfastes.

Une gestion complexe 

Rester en santé représente un défi pour les personnes atteintes de diabète et d’une maladie du cœur. « Les médicaments puisent le peu d’énergie que j’ai. Un simple rhume peut durer de trois à quatre mois. Je suis complètement vidé et je ne vais plus au centre sportif », raconte Jonathan. 

Un changement lié à l’une des maladies peut exacerber les symptômes de l’autre, comme cela a été le cas pour Susan Trim. Les médicaments qu’elle prend pour chacune de ses maladies interagissent parfois. Elle éprouve donc des difficultés lorsque ses médecins y apportent des changements.

Une réduction des facteurs de risque

Le seul côté positif est que des changements au mode de vie influencent ces maladies. 

« Il a été clairement démontré qu’une rémission du diabète de type 2 est possible, rapporte la Dre Rabi. Nous savons que des changements au mode de vie et la prise de médicaments diminuent le risque de maladies du cœur. »

Atteindre et maintenir un poids santé, mieux s’alimenter et faire de l’activité physique régulièrement : voilà des actions qui peuvent complètement changer la donne pour les personnes atteintes de diabète qui sont susceptibles de développer une maladie du cœur. 

Pour celles qui ont déjà reçu un diagnostic, le fait de respecter la posologie des médicaments, de dormir suffisamment, de rester actif et d’avoir une alimentation équilibrée peut atténuer les symptômes de leurs maladies.

Cette approche est efficace pour Susan. Elle fait de l’exercice presque tous les jours et mange bien. Elle est également bénévole auprès de Cœur + AVC et elle tire parti de son expérience vécue en tant que membre du conseil de l’insuffisance cardiaque de la fondation.

Elle sait que ses maladies nuisent à ses réserves d’énergie. Elle répartit donc son temps en conséquence. « Les gens doivent gérer plusieurs choses, comme leur vie professionnelle et leur vie privée. Je gère mon énergie. »