Un remplacement valvulaire sans chirurgie à cœur ouvert

L’ITVA permet à un médecin retraité de commencer une nouvelle vie.
Vue arrière d'un couple de personnes âgées méconnaissable marchant ensemble tout en se tenant la main dans un parc pendant la journée

Paul Keane se sentait léthargique. L’ancien marathonien de 85 ans se rappelle qu’il ne se sentait pas bien de manière générale. Il éprouvait constamment de la fatigue et avait perdu tout intérêt pour les activités qu’il pratiquait avec sa femme, Shirley, notamment le golf, le bridge, et les rencontres d’amateurs de vin.

Ses marches quotidiennes, qui pouvaient atteindre les cinq kilomètres, n’étaient plus que d’un kilomètre au maximum. « Les gens ont remarqué ce changement chez moi avant même que je m’en rende compte, admet Paul, médecin à la retraite. J’ai dénié ce qui m’arrivait. »

Paul consultait un cardiologue à Mississauga, en Ontario, pour une sténose aortique. La valvule du ventricule gauche de son cœur qui se connecte à l’aorte s’était rétrécie, limitant ainsi le flux sanguin vers son corps. Il était également traité pour une fibrillation auriculaire (FA), un trouble du rythme cardiaque.

L’évolution de la maladie

À l’automne 2019, un échocardiogramme a révélé que la valvule aortique de Paul ne fonctionnait qu’à 24 % de sa capacité. Ce fait préoccupait son cardiologue, qui estimait qu’une intervention était nécessaire.

Jusqu’à récemment, l’intervention aurait consisté en une chirurgie à cœur ouvert pour réparer ou remplacer la valvule. Cependant, elle aurait été risquée pour quelqu’un de l’âge de Paul. « Si j’avais été candidat, j’aurais refusé », dit-il, conscient des risques associés à une longue opération sous anesthésie générale.

Son médecin lui a plutôt proposé une autre intervention, moins effractive : l’implantation transcathéter de valvule aortique (ITVA), au cours de laquelle une nouvelle valvule est implantée à l’aide d’un cathéter introduit dans un vaisseau sanguin depuis l’aine jusqu’au cœur. La valvule est faite de tissu cardiaque d’origine animale, rattaché à un support en treillis. 

L’ITVA est proposée aux patients ne pouvant pas être opérés ou présentant un risque opératoire élevé. Cette intervention n’est pratiquée que dans certains hôpitaux.

<p>Paul Keane et sa femme, Shirley</p>

Paul Keane et sa femme, Shirley

Une chirurgie simple

Environ cinq semaines après le diagnostic, Paul a été opéré à l’Hôpital général de Hamilton, en octobre 2019. Il a subi une anesthésie locale, et l’équipe chirurgicale lui a expliqué chaque étape tout au long de l’intervention. Bien qu’il ait senti une légère traction dans la région de l’aine, où le chirurgien a inséré le cathéter, il n’a éprouvé aucune douleur. 

« La chirurgie a été moins intrusive qu’une visite chez le dentiste, affirme-t-il. J’avais peine à croire qu’après 45 minutes sur la table d’opération, j’avais une nouvelle valvule cardiaque. » 

Après l’intervention, Paul a dû rester allongé pendant quatre heures, puis on l’a encouragé à se lever. Le lendemain matin, il a obtenu son congé de l’hôpital. Le rétablissement à la suite d’une ITVA implique généralement la prise de médicaments et des changements aux habitudes de vie.

La reprise d’une vie active

Au début de 2020, Paul a repris une vie active. Il a commencé à suivre des cours dont les exercices visaient à améliorer son équilibre. « Je sais que je n’aurais pas pu suivre ces cours sans ma nouvelle valvule cardiaque. »

Paul a commencé à se sentir comme avant, et a repris ses activités sociales et ses promenades. Il marche actuellement de 15 à 20 kilomètres par semaine. 

À l’approche de ses 86 ans, Paul a prévu de célébrer son rétablissement en partant en croisière avec Shirley. « Je commence une nouvelle vie. »