Communiqué de presse : Cartographie 9-1-1 de l’AVC

La majorité des victimes d’AVC parviennent à temps aux centres de soins d’urgence pour recevoir des soins vitaux

Une nouvelle étude de la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC (Cœur+ AVC) démontre que la majorité des personnes qui subissent un AVC, peu importe leur lieu de résidence, parviennent à temps aux centres de soins d’urgence pour y recevoir les traitements vitaux. L’étude, publiée aujourd’hui dans le CMAJ Open (revue de l’Association médicale canadienne), a révélé qu’en dépit de l’immensité du pays, plus de 85 % des personnes vivent dans un rayon de 6 heures d’un centre spécialisé en AVC, par accès routier.

Les services médicaux d’urgence (SMU) peuvent transporter la plupart de ces personnes à temps pour qu’ils reçoivent des traitements vitaux.

Les agents thrombolytiques, comme le t-PA, ne fonctionnent que si on les administre dans les quatre heures et demie suivant les premiers symptômes d’AVC. Les autres traitements de pointe, comme la thérapie endovasculaire qui dissout les caillots sanguins, permettent de prolonger le délai pour le traitement à au moins six heures.

« Le moment de l’arrivée à l’hôpital et du traitement subséquent varie d’une province à l’autre, et, comme prévu, dans les provinces essentiellement rurales où les résidents sont dispersés, l’accessibilité est moindre, explique la Dre Patrice Lindsay, coauteure de l’étude et directrice de l’AVC à Cœur + AVC. Dans un pays aussi vaste que le Canada et pourvu d’une grande diversité géographique, les SMU éprouvent des difficultés à transporter les patients d’AVC à l’hôpital dans la fenêtre de temps établie pour obtenir un traitement à partir de l’apparition des symptômes. »

Dans les huit provinces prises en compte dans l’étude, lesquelles ont des centres attestés de SMU, 48 % à 97 % de la population de la province vit dans un rayon de 4,5 heures d’un tel établissement, ce qui permet un accès aux traitements comme le t-PA. Aussi, de 53 % à 97 % de la population habite à six heures de route par SMU d’un hôpital en mesure de traiter l’AVC. Bref, plus de 85 % a idéalement accès à un centre endovasculaire.

« De telles statistiques mettent en relief l’importance pour la population de connaître les signes de l’AVC et de réagir VITE, indique la Dre Lindsay. Le principal obstacle à la survie dans notre pays vient du fait que les gens ne reconnaissent pas ces signes et n’y réagissent donc pas. L’AVC est une urgence médicale, et les patients doivent se rendre à l’hôpital le plus rapidement possible pour recevoir à temps les traitements qui leur sauveront la vie. » 

VITE est un moyen simple de se souvenir des principaux signes de l’AVC. VITE signifie Visage – Est-il affaissé? Incapacité – Pouvez-vous lever les deux bras normalement? Trouble de la parole – Trouble de prononciation? Extrême urgence – Composez le 9-1-1.

À l’heure actuelle, un bon nombre de patients d’AVC ne reçoivent pas de traitement parce qu’ils se présentent trop tard à hôpital. L’arrivée par SMU, par rapport au transport privé, est associée à un accès plus rapide à l’imagerie cérébrale et à une interprétation plus rapide de ces images. Au Canada, 69 % des patients admis pour un AVC sont transportés par SMU. Les Recommandations canadiennes pour les pratiques optimales de soins de l’AVC ont fixé comme cible un taux de 80 % de transport par SMU.

La Dre Lindsay fait remarquer que même si les résultats de l’étude indiquent que la plupart des personnes seraient en mesure d’atteindre un centre en temps voulu, d’autres facteurs peuvent avoir un impact sur l’accès au traitement de l’AVC dans les meilleurs délais, comme la reconnaissance des signes et la réaction. La géographie, le relief difficile et le climat du pays expliquent l’impossibilité de transporter tous les patients à l’hôpital dans les temps exigés pour le traitement, même si l’amélioration des systèmes conduit à une réduction de ce délai. Les habitants des régions rurales et éloignées éprouvent, en général, des difficultés à accéder aux SMU pour toutes situations d’urgence et, par ailleurs, ces services doivent suivre certaines règles qui entravent leur capacité à franchir certaines limites territoriales. Une telle accessibilité limitée a également été observée pour des cas du syndrome coronarien aigu et des soins de traumatologie.

La Dre Lindsay recommande de poursuivre l’évolution amorcée dans les systèmes coordonnés de soins et les accords de contournement pour les ambulances afin d’assurer un accès optimal aux services d’urgence pour l’AVC, pour lesquels chaque minute compte. « À partir de là, nous pouvons collaborer avec les provinces pour améliorer l’accessibilité et la communication, déterminer potentiellement plus de communautés qui tireront avantage de tels centres d’urgence, et travailler à l’amélioration des taux de survie pour toute la population. »

Cartographie géospatiale

Les auteurs de l’étude ont créé un système de cartographie particulier pour localiser les hôpitaux et les postes ambulanciers. Ils ont ensuite calculé le nombre de personnes vivant dans des rayons de 4,5 heures et 6 heures par SMU d’un hôpital spécialisé dans le traitement de l’AVC. Ils ont recensé les emplacements des postes ambulanciers, ainsi que toutes les adresses résidentielles du dernier recensement, puis pris en compte les trajets routiers, les limites de vitesse et l’accès aux autoroutes. 

Il est possible d’appliquer les méthodes de la cartographie géospatiale aux soins de santé pour contribuer aux décisions concernant l’allocation des ressources, afin de maximiser l’accès à la population et de détecter les lacunes dans l’accessibilité aux services pour tous les problèmes de santé et dans l’ensemble des régions géographiques.

Auteurs de l’étude

Prasanna Venkatesan Eswaradass (Université de Calgary), Richard Swartz (Université de Toronto), Jamey Rosen (Geosyntec Consultants), Michael D. Hill (Université de Calgary) et Patrice Lindsay (Fondation des maladies du cœur et de l’AVC)

Faits sur l’AVC
  • On compte environ 62 000 AVC au pays chaque année, soit un toutes les neuf minutes.
  • Au pays, plus de 400 000 personnes vivent avec une incapacité persistante en raison d’un AVC.
  • Au cours des deux prochaines décennies, le nombre de personnes qui vivront avec une incapacité persistante en raison d’un AVC augmentera de 80 % pour atteindre 726 000 cas.
  • Les cellules cérébrales meurent au rythme de 1,9 million par minute après un AVC.
  • Chaque année, plus de 13 000 personnes au pays succombent à la suite d’un AVC.
  • Une personne sur deux au pays a rapporté qu’un ami proche ou un membre de sa famille avait survécu à un AVC.
  • L’AVC constitue un facteur prédictif important de la démence : avoir subi un AVC fait plus que doubler le risque d’une personne d’être atteinte de démence.
À propos de Cœur + AVC

 La vie. Ne passez pas à côté. C’est pour cette raison que Cœur + AVC mène la lutte contre les maladies du cœur et l’AVC. Nous devons propulser les prochaines découvertes médicales afin que les gens au pays ne passent pas à côté de moments précieux. Ensemble, nous prévenons les maladies, préservons la vie et favorisons le rétablissement grâce à la recherche, la promotion de la santé et des politiques publiques. (coeuretavc.ca

Coordonnées

Stephanie Lawrence
Cœur+ AVC
613.691.4022 
stephanie.lawrence@heartandstroke.ca