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L’AVC chez les enfants (AVC pédiatrique)


L'AVC peut survenir à tout moment dans la vie d’une personne, de la petite enfance à l’âge adulte. Un AVC survient quand la circulation normale du sang vers le cerveau est interrompue, soit par l’occlusion ou par la rupture de vaisseaux sanguins. Quand une partie du cerveau cesse de recevoir son apport habituel de sang transportant des substances nutritives vitales et l’oxygène, les cellules cérébrales meurent et provoquent une perte des fonctions cérébrales.

L’âge d’un enfant au moment de l’AVC peut grandement jouer sur la façon dont les médecins déterminent et traitent le problème. Un AVC peut survenir chez trois groupes d’âge : 

  • en phase prénatale, ou dans l’utérus;
  • pendant les 28 premiers jours de vie, chez le nouveau-né;
  • pendant l’enfance, jusqu’à l’âge de 18 ans. 

La localisation de l’AVC à l’intérieur du cerveau aide à déterminer l’étendue des dommages ainsi que des séquelles.

Les enfants peuvent subir deux types d’AVC : l’AVC hémorragique (rupture de vaisseaux sanguins) ou ischémique (obstruction par un caillot sanguin).

Causes de l’AVC chez les enfants

Les raisons pour lesquelles un AVC survient sont variées et englobent les malformations des vaisseaux sanguins et certaines maladies rares. Il y a AVC hémorragique survient quand un vaisseau sanguin se rompt à l’intérieur du cerveau. Si la paroi d’une artère est affaiblie, le sang peut s'y accumuler et provoquer un ballonnement (anévrisme). Si la pression augmente, l'anévrisme peut se rompre et endommager le cerveau soit en l’engorgeant là où il y a eu rupture, soit en le privant de flux sanguin au-delà du lieu de la rupture.

Les causes de l'AVC hémorragique chez les enfants comprennent :

  • une malformation ou une maladie de l’artère;
  • une tumeur au cerveau;
  • dans de rares cas, l’abus de drogues ou d’alcool chez la mère.

Un AVC ischémique est habituellement causé par un caillot sanguin à l’intérieur du cerveau. Les principaux facteurs de risque associés à l'AVC ischémique chez les enfants sont les suivants :

  • Maladies du cœur. Quand un enfant naît avec une anomalie cardiaque (cardiopathie congénitale), son risque de subir un AVC est plus élevé. Les maladies du cœur, comme les rhumatismes cardiaques, peuvent aussi être développées plus tard au cours de l’enfance. L’AVC n’est habituellement pas le premier signe des maladies du cœur. Souvent, celles-ci ont été diagnostiquées chez l’enfant avant que ne survienne l’AVC.
  • Troubles de coagulation du sang. Les troubles de coagulation du sang, aussi appelés troubles prothrombotiques, peuvent faire épaissir le sang et favoriser une coagulation plus rapide. Ces troubles peuvent être présents à la naissance ou développés plus tard. Un enfant peut naître avec une mutation génétique qui fait que son sang coagule plus rapidement. L’AVC est souvent le premier signe d’un trouble de la coagulation. Certaines maladies et certains problèmes comme la méningite, la sepsie, la diarrhée, la déshydratation ou une carence en fer peuvent aussi entraîner des anomalies de coagulation.
  • Irrégularité des artères. Un enfant peut aussi subir un AVC parce que les artères de son cerveau sont irrégulières ou rétrécies. On parle alors de l'artériopathie. Lorsqu’un enfant naît avec ce problème, celui-ci n’est souvent pas détecté. Les enfants qui ont des artères irrégulières doivent être surveillés de près par leur équipe clinique d’AVC parce qu’ils ont un plus grand risque de subir une récidive d'AVC.
  • Autres facteurs de risque. Les enfants ont aussi un risque accru d'AVC s’ils affichent l’un ou l’autre des facteurs de risque suivants :
    • chirurgie cardiaque ou cérébrale;
    • drépanocytose;
    • maladie auto-immunitaire qui attaque les artères du cerveau;
    • traumatisme cérébral ou cervical;
    • leucémie.

Certains AVC pédiatriques ont une cause inconnue.

Diagnostic de l’AVC pédiatrique

Un diagnostic rapide est important pour minimiser le risque de dommages au cerveau. Les médecins s’appuient sur les appareils d’imagerie et sur d’autres tests afin de savoir ce qui s’est produit dans le cerveau de l’enfant.  

  • Tomographie par ordinateur (CT). À l’aide de rayons X, on trace une image détaillée de la région de cerveau affectée. Une tomographie CT confirme si l’enfant a subi ou non un AVC, de quel type d’AVC il s’agit et à quel endroit du cerveau il est survenu.  
  • Imagerie par résonance magnétique (IRM). À l’aide d’ondes radiomagnétiques, on crée une image du cerveau. On obtient ainsi plus de détails qu’avec une tomographie CT.  
  • Artériographie cérébrale. On injecte une teinture spéciale dans les artères du cerveau et on prend une radiographie.
  • Échocardiogramme. On utilise les ondes sonores afin d'obtenir des images du cœur et voir si les valvules ou d’autres fonctions cardiaques comportent des anomalies susceptibles de provoquer des caillots sanguins.
  • Électrocardiogramme. Il mesure l’activité électrique du cœur et de tout problème associé au rythme ou à la fréquence cardiaque.  
  • Analyses de sang. Elles permettent de savoir si votre enfant souffre d’un trouble de coagulation sanguine.  
  • Ponction lombaire (ou rachicentèse). Il s'agit d'un prélèvement de moelle épinière afin de déceler des traces d’infection ou d’inflammation dans le système nerveux.
Traitement de l’AVC chez l’enfant

Traitement de l’AVC hémorragique. Le traitement vise à stabiliser l’enfant (contrôler sa pression artérielle et la température de son corps ainsi que l’aider à respirer), et à traiter l’hémorragie proprement dite. Les enfants qui ont subi un AVC hémorragique seront vus par l’équipe de neurochirurgie vasculaire. Les options chirurgicales peuvent comprendre la microchirurgie destinée à fermer l’anévrisme ou à retirer les vaisseaux malformés.

Traitement de l’AVC ischémique. L’objectif du traitement de l’AVC ischémique consiste à minimiser les dommages à l’intérieur du cerveau et à prévenir une récidive. Si votre enfant a reçu un diagnostic d’AVC ischémique, les médecins lui prescriront probablement un médicament afin d’éclaircir son sang. Il peut s’agir de :

  • warfarine, par voie orale;
  • héparine, par intraveineuse;
  • héparine à faible poids moléculaire, par injection sous-cutanée;
  • acide acétylsalicylique (Aspirin(R)), par voie orale;
  • clopidogrel, par voie orale.

Une fois que les symptômes initiaux auront été traités, l'enfant sera évalué pour voir si l’AVC laissera des séquelles à long terme. L’équipe des soins mesurera ses réflexes, ses mouvements oculaires, son élocution, sa déglutition et ses autres fonctions corporelles. L’équipe procédera à des tests pour voir si le traitement fonctionne et comment l'enfant réagit réaction à la lumière, aux images, aux sons et au toucher.

Quelles sont les séquelles possibles d’un AVC?

L’AVC peut causer des séquelles chez l’enfant. Il peut s’agir :

  • d'une faiblesse d’un côté du corps (hémiparésie);
  • de paralysie d’un côté du corps (hémiplégie);
  • de négligence d’un côté, quand l’enfant ignore le côté affaibli (négligence unilatérale);
  • de difficultés d’élocution et de langage (aphasie);
  • de troubles de déglutition (dysphagie);
  • de troubles de la vue (diminution du champ ou de la perception visuelle);
  • d'une perte de contrôle des émotions et d'une humeur instable;
  • de problèmes de mémoire, de jugement ou de résolution de problème (changements cognitifs);
  • de changements de comportement ou de personnalité.

Les séquelles physiques surviennent habituellement du côté opposé à celui où l’AVC est survenu. Par exemple, l’enfant qui a subi un AVC ayant affecté le côté gauche du cerveau peut être paralysé ou affaibli du côté droit du corps. Le côté gauche du cerveau contrôle la lecture, la parole, la pensée et les fonctions mathématiques, ce qui fait que ces habiletés pourraient être affectées.

Par contre, l'enfant ayant subi un AVC qui a affecté le côté droit du cerveau peut avoir le côté gauche du corps paralysé ou affaibli. Le côté droit du cerveau contrôle les habiletés comme boutonner une chemise ou lacer les souliers, ainsi que la mémoire.

Chez les enfants ayant subi un AVC, les modifications des capacités physiques peuvent être immédiatement apparentes, mais les changements cognitifs et de comportement ont tendance à se manifester avec le temps. Souvent, les enfants récupèrent plus rapidement que les adultes parce que leur cerveau est encore en croissance, ce qui s’appelle la plasticité. Si les enfants sont relativement jeunes au moment de l’AVC, l’étendue de leur déficit pourrait ne pas devenir apparente avant qu’ils ne vieillissent. Par exemple, un problème de lecture ne sera pas découvert avant la première année scolaire.

Après un AVC, votre enfant et vous pouvez vous sentir dépassés, colériques, déprimés ou effrayés, et ces réactions sont normales. Consultez l’équipe de soins de votre hôpital au sujet des possibilités de consultations pour votre enfant et vous.

Quels programmes de réadaptation sont offerts?

L’objectif de la réadaptation consiste à faire en sorte que votre enfant récupère ses fonctions physiques comme marcher ou lire. Obtenir de l’aide le plus rapidement possible après un AVC favorise la récupération de retrouver la plupart de ses fonctions en moins de six mois. Il peut continuer de s’améliorer pendant deux ans ou plus. Consultez l’équipe de soins de l’hôpital au sujet des options de réadaptation.

Visitez le site Canadian Pediatric Stroke Support Association (CPSSA) (en anglais seulement) pour du soutien et de l’information pour les enfants victimes d’AVC.

Visitez le site SickKids pour en apprendre plus au sujet de l'AVC chez le nouveau-né, l'AVC artériel ischémique chez l'enfant et la thrombose sino-veineuse cérébrale.

Consultez le Guide familial de l’AVC pédiatrique pour en savoir plus sur l’AVC et les soins chez les enfants. Ce guide a été élaboré selon les Recommandations canadiennes pour les pratiques optimales de soins de l’AVC (2010), la recherche actuelle et l’opinion d'experts.