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Être actif avec une maladie du cœur

L’exercice physique est très important. Scott Lear explique comment être actif de façon sécuritaire.
Older man reviewing his progress with trainer on a cycling bike

Je suis féru d’exercice physique depuis mes 15 ans. Avant cet âge, je regardais beaucoup trop la télévision, en plus de boire une quantité astronomique de boissons gazeuses. L’activité physique est l’un des éléments centraux de ma vie; c’est mon café matinal, ce qui me permet de sortir et de rencontrer des gens, en plus de contribuer à mon bien-être.

Puis, un jour, j’ai reçu un diagnostic de maladie du cœur.

Lors de notre première rencontre à propos de mon arythmie, mon cardiologue m’a dit que je devais arrêter de nager jusqu’à nouvel ordre. Il craignait que je fasse un arrêt cardiaque au beau milieu de la piscine, ce qui a semé une peur de la mort dans mon esprit. Cependant, arrêter toute activité physique me préoccupait aussi (venant de quelqu’un qui travaille dans le domaine des maladies du cœur).

Heureusement, j’ai subi plusieurs tests par rapport à mes symptômes avant que mon cœur ne soit affecté; la crise cardiaque est le premier symptôme chez de nombreuses personnes. Bien que les maladies du cœur se développent sur une période de plusieurs décennies, elles se déclenchent habituellement en cas de stress, souvent lors d’une activité physique.

On pourrait donc penser qu’il faut éviter l’activité physique, alors que c’est tout à fait faux.

Faire de l’exercice comme traitement

Auparavant, les personnes atteintes d’une maladie du cœur étaient vues comme faibles et étaient alitées jusqu’à 30 jours à l’hôpital. Les patients, ne bougeant pas, devenaient encore plus chétifs. Nombre d’entre eux mourraient en raison de caillots sanguins, particulièrement d’embolie pulmonaire résultant de leur immobilité (des caillots peuvent se former lorsque le sang ne circule pas continuellement – le fait de bouger résout ce problème).

L’idée de faire de l’activité physique un traitement pour les personnes atteintes d’une maladie du cœur n’est apparue que dans les années 1980. Ces programmes d’exercice physique se sont développés pour devenir ce que nous appelons aujourd’hui la réadaptation cardiaque, un programme complet et sous supervision médicale qui permet de réduire les risques liés aux maladies du cœur.

Les professionnels de la santé se sont d’abord montrés réticents quant à cette innovation, mais leur opinion a changé une fois qu’il a été démontré, lors de deux études séparées, que les programmes d’exercice physique réduisent le risque de mort prématurée (quelle qu’en soit la cause) de 20 à 25 %. 

Actuellement, la participation à un programme de réadaptation cardiaque est la norme pour les personnes atteintes d’une maladie du cœur.

Même si ces programmes sont offerts dans les hôpitaux, les cliniques et les centres communautaires sous surveillance de professionnels de la santé, ils ne sont pas accessibles à tous. De plus, ils sont presque tous de durée limitée; on ne peut donc pas y participer indéfiniment. 

Nombre d’entre nous feront donc de l’activité physique sans supervision médicale, ce qui est tout à fait correct tant que nous respectons nos limites.

Connaître ses limites

La première étape est de se soumettre à une épreuve d’effort, qui peut être prescrite par un médecin. Celle-ci permet de déterminer la forme physique d’un patient, les symptômes possibles lors d’un effort physique et le niveau d’intensité auquel les activités devraient être exercées. L’épreuve est habituellement menée sur un tapis roulant, avec une augmentation graduelle de la vitesse et de l’inclinaison du tapis (p. ex., aux trois minutes). L’épreuve prend fin lorsque le patient est trop fatigué pour continuer ou qu’il ressent des symptômes importants.

Lorsque j’ai passé l’épreuve, les techniciens ont voulu que je m’arrête puisque j’étais déjà allé assez « loin », même si je ne ressentais aucun symptôme. J’ai demandé à continuer puisque je me sentais bien. Peu après, j’ai commencé à faire de l’arythmie (ma fréquence cardiaque était de 255 battements par 10 secondes). 

Certes, les symptômes n’étaient pas agréables en soi, mais j’étais content de les avoir ressentis puisqu’il s’agit du but de l’épreuve : personne ne veut conclure un test en pensant – possiblement à tort – qu’il n’a aucun problème.

Cette épreuve permet de fixer un rythme cardiaque à atteindre lors d’activités physiques (la fréquence cardiaque cible, soit le rythme auquel un patient peut faire de l’exercice de façon sécuritaire et bénéfique). Si aucun symptôme n’apparaît, cette cible est alors calculée par rapport au rythme cardiaque maximal lors de l’épreuve. Si le patient éprouve une douleur thoracique ou que des symptômes apparaissent sur l’électrocardiogramme, le médecin fixera une cible qui lui permettra de faire de l’exercice physique sans ressentir ces symptômes.

S’échauffer et récupérer 

Nous avons le feu vert maintenant, non? Pas tout à fait. Cette zone du rythme cardiaque représente une cible à atteindre lors d’activités physiques, mais il est important de s’y rendre lentement. Un bon échauffement permet d’augmenter progressivement le rythme cardiaque jusqu’au niveau désiré dans une période d’un peu plus de 10 minutes.

Cette étape est cruciale puisque notre cœur (en tant que muscle) doit s’adapter à l’intensification des efforts pour que ses artères se dilatent et permettent à davantage de sang de circuler.

Il est tout aussi important de prévoir une période de récupération après une activité physique de 20 à 40 minutes à l’intérieur de la fréquence cardiaque cible. Cette récupération doit être active; l’exercice effectué doit donc être similaire à l’activité faite précédemment. Par exemple, si l’activité physique est le jogging, alors l’exercice de récupération peut être une marche modérée. 

L’objectif est de ne pas simplement s’arrêter. Pourquoi? Lorsque les artères sont dilatées, un arrêt soudain peut faire descendre le sang dans les jambes, causant des étourdissements ou même un évanouissement. La marche ou le prolongement d’une activité physique permet au sang de circuler tandis que le corps récupère.

Surveiller sa fréquence cardiaque

Puisqu’il faut respecter une certaine zone du rythme cardiaque, il faut surveiller celle-ci lors de l’effort physique. On peut la calculer manuellement, mais cette tâche s’avère ardue lors d’activités comme le jogging ou le vélo. L’achat d’un moniteur de fréquence cardiaque est donc recommandé. La surveillance du rythme cardiaque est nécessaire lors de tout exercice modéré ou intense, et non pas uniquement pendant l’activité physique en soi. Certains de mes patients maintenaient leur rythme cardiaque cible lors d’activités physiques, mais le dépassaient en tondant la pelouse. 

Il peut aussi être utile de passer une épreuve d’effort chaque année pour constater sa progression. 

Une maladie du cœur ne met pas fin à une vie active; au contraire, elle rend l’exercice physique plus important que jamais.

Dr. Scott LearLe Dr Scott Lear est un chercheur éminent spécialisé en prévention et en gestion des maladies du cœur. Il est titulaire de la Chaire de recherche en prévention des maladies cardiovasculaires de la société Pfizer/Fondation des maladies du cœur et de l’AVC à l’hôpital St. Paul’s. Il est membre de la Faculté des sciences de la santé et du département de physiologie et kinésiologie biomédicales de l’Université Simon Fraser. Le Dr Lear est lui-même atteint d’une maladie du cœur. Consultez son blogue : drscottlear.com.