Gros plan d'une cicatrice de chirurgie de transplantation cardiaque

Cœur

Faire battre les nouveaux cœurs plus longtemps

La Dre Sharon Chih s’efforce de renforcer la santé et de prolonger la vie des greffés cardiaques 

Chapitre 1 Une menace pour les cœurs greffés

La greffe cardiaque sauve une vie de manière radicale en permettant à une personne qui a frôlé la mort de se rétablir. 
 
Mais on ne peut crier victoire : il peut être difficile de protéger ce nouveau cœur et d’en préserver la santé. Après une greffe cardiaque, l’espérance de vie moyenne est de 13 à 14 ans. 
 
Donna Hart a reçu une greffe en 2015 après avoir souffert d’une maladie inflammatoire rare qui a endommagé son cœur de façon irréversible. Donna s’est bien rétablie et a repris un mode de vie actif. Cinq ans après la greffe, une angiographie de routine a toutefois révélé les signes d’une affection cardiaque appelée vasculopathie de l’allogreffe cardiaque, ou VAC. 
 
La Dre Sharon Chih voit chaque semaine des patients comme Donna à sa clinique de greffe cardiaque de l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa. Elle leur explique que la VAC signifie que les artères du cœur greffé rétrécissent et s’obstruent comme dans le cas d’une coronaropathie — la cause de la plupart des crises cardiaques —, à la différence que la VAC survient beaucoup plus vite. 
 
« La VAC est très courante et sa probabilité augmente avec le temps, déclare la Dre Chih, une cardiologue et chercheuse subventionnée par Coeur + AVC. Dix,  ans après une greffe, un patient sur deux souffrira d’une VAC. C’est l’une des principales causes des faibles résultats à long terme. » 
 
La partie la plus difficile, c’est d’expliquer à ses patients qu’il y a très peu d’options de traitement. « Dans le domaine de la greffe cardiaque, nous avons fait d’énormes progrès en matière de prévention et de traitement des rejets, mais pour ce qui est de la VAC, nos choix de traitement sont très limités. » 
 
Le sirolimus fait partie d’une catégorie de médicaments qui s’est avérée utile pour prévenir ou ralentir la progression de la maladie, mais de nombreux patients sont incapables de le prendre en raison d’effets secondaires débilitants incluant les nausées, la diarrhée, les maux de tête, les plaies buccales et le gonflement des jambes. 

La Dre Chih est déterminée à trouver de nouvelles solutions. Avec le soutien de donateurs de Cœur + AVC, elle cherche des moyens de détecter la VAC plut tôt et de donner plus d’années de bonne santé aux près de 180 adultes qui subissent une greffe cardiaque chaque année au Canada. 

 
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Espérance de vie moyenne après une greffe cardiaque.

Chapitre 2 La solution : la détection précoce

« Un des grands défis consiste à diagnostiquer la VAC aux stades précoces de la maladie, lorsque les traitements avec des médicaments comme le sirolimus sont plus efficaces, explique la Dre Chih. Nous dépendons largement des tests invasifs, la coronarographie  plus précisément. » Ce test comporte des risques, principalement chez les greffés, et permet de détecter seulement la VAC dans les plus grandes artères. Le temps que la VAC soit détectée sur une angiographie, il est peut-être trop tard pour intervenir. 
 
« Notre recherche porte sur les moyens de détecter la maladie plus tôt et sur l’utilisation d’outils non invasifs pour réduire le recours aux tests invasifs », déclare la Dre Chih. 

Son équipe se concentre sur les premiers stades après la greffe, mettant à l’essai les techniques d’imagerie avancées des artères coronaires, notamment la tomographie par cohérence optique (TCO), pour voir de minuscules changements dans la paroi artérielle et mesurer directement le flux sanguin dans les artères. L’équipe de la Dre Chih mesure également le flux sanguin dans le cœur de manière non invasive au moyen d’une tomographie par émission de positrons (PET). « Nous étudions également certains marqueurs dans le sang pour évaluer s’ils nous permettraient de déceler la VAC plus tôt chez les patients. » 

 
La Dre Sharon Chih dans une blouse blanche

La Dre Sharon Chih s’efforce de prolonger la vie des greffés cardiaques.

Donna Hart, receveuse d'une transplantation cardiaque, assise et souriant à la caméra

Donna Hart a commencé à montrer les premiers signes de VAC cinq ans après sa chirurgie de transplantation.

Chapitre 3 Des vies plus longues, plus saines

Les travaux d’imagerie de la Dre Chih ont démontré que les plaquettes, des fragments de cellules dans le sang qui contribuent à la formation de caillots, pourraient avoir un rôle à jouer dans les premiers stades de la VAC. Par conséquent, elle amorce un essai clinique afin de déterminer si un traitement antiplaquettaire, notamment au moyen de l’AAS (par exemple, Aspirin, Entrophen ou Novasen), pourrait aider à prévenir la VAC chez les patients ayant subi une greffe cardiaque.  
 
Tous ces efforts visent un objectif ultime : « Nous voulons prolonger la survie après une greffe en réduisant les taux de VAC. C’est ce qu’on espère. » 
 
Le soutien des donateurs de Cœur + AVC a été essentiel pour commencer cette recherche. « Notre équipe n’aurait pas réussi à accomplir tout ce travail sans le financement », déclare la Dre Chih.  
 
Pour Donna Hart et d’autres patients ayant reçu une greffe, il n’y a pas de temps à perdre. Il faut trouver des solutions et pour cela, elle compte sur des recherches comme celle de la Dre Chih pour combattre la VAC.  
 

 

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