En 2024, le gouvernement fédéral a adopté une loi ouvrant la voie au tout premier programme national d’assurance médicaments au pays, un jalon historique en matière d’équité en santé au Canada. En moins d’un an, quatre provinces et territoires ont conclu des ententes visant à mettre en œuvre la première phase du programme d’assurance médicaments, qui couvre un éventail de médicaments contre le diabète et des contraceptifs. Toutefois, une participation plus large demeure nécessaire pour garantir un accès équitable à l’échelle nationale.
Cœur + AVC réclame depuis longtemps la mise en place d’un programme national et universel d’assurance médicaments. Découvrez pourquoi l’assurance médicaments est essentielle et ce qu’un programme solide et équitable devrait offrir à la population.
Q : Pourquoi le Canada doit-il avoir un régime d’assurance-médicaments national?
R : Le Canada est le seul pays au monde à avoir un système de santé universel qui n’offre pas de couverture des médicaments d’ordonnance à l’extérieur des hôpitaux pour l’ensemble de sa population. Résultat : 7,5 millions de personnes au Canada ont une couverture insuffisante ou inexistante, soit environ une personne sur cinq.
Le manque de couverture amène des gens à faire des choix risqués pour leur santé. Selon un récent sondage, près du quart de la population (22 %) dit avoir coupé des comprimés, sauté des doses ou renoncé à faire exécuter ou renouveler une ordonnance en raison du coût.
Q : Pourquoi cet enjeu est-il si important pour Cœur + AVC?
R : Les maladies de l’appareil circulatoire sont la principale cause de décès au pays. Ces maladies – notamment les maladies du cœur, les AVC et les déficits cognitifs d’origine vasculaire – fauchent une vie toutes les cinq minutes au Canada. En 2024, les pharmacies au pays ont exécuté environ 111 millions d’ordonnances pour des médicaments contre les maladies cardiovasculaires, ce qui fait de cette catégorie de médicaments la deuxième en importance.
La couverture universelle des médicaments contre le diabète et des contraceptifs est une première étape clé de la mise en œuvre du programme national d’assurance médicaments. Le diabète est un important facteur de risque associé aux maladies du cœur et à l’AVC. Les personnes atteintes de diabète sont plus susceptibles de développer une maladie du cœur à un plus jeune âge et sont trois fois plus à risque d’en mourir.
Il faut améliorer la prévention, le traitement et la prise en charge des maladies du cœur et de l’AVC. L’un des moyens d’y parvenir est d’améliorer l’accès aux médicaments grâce à la mise en place d’un programme national et universel d’assurance médicaments.
Q : Pourquoi est-il important que les personnes qui sont à risque, qui sont atteintes d’une maladie du cœur ou qui ont subi un AVC aient accès à des médicaments sur ordonnance?
R : Les médicaments sur ordonnance sont un aspect incontournable dans le traitement et la prise en charge de nombreuses affections cardiaques et cérébrales. Lorsqu’on les utilise correctement, ils peuvent sauver des vies. Mais il n’est pas seulement question des personnes qui ont déjà été touchées par ces maladies. Par exemple, les médicaments contre l’hypertension artérielle, qui est le principal facteur de risque d’AVC et un important facteur de risque de maladie du cœur, peuvent aider à prévenir des problèmes de santé plus graves.
Nous savons également que 16 % des gens au pays ont omis de prendre leurs médicaments contre les maladies du cœur, le cholestérol et l’hypertension artérielle en raison de leur coût.
Si les gens ont accès aux médicaments dont ils ont besoin, leur état de santé sera meilleur, ils passeront moins de temps à l’hôpital, et les coûts en soins de santé diminueront.
Q : Pourquoi le système actuel est-il problématique? Ne couvre-t-il pas déjà les médicaments sur ordonnance de la plupart des gens?
R : La situation actuelle présente deux problèmes majeurs. Le premier concerne l’accès équitable. Le deuxième est une question de viabilité à long terme.
En ce qui concerne l’accès équitable, le système actuel comporte beaucoup de lacunes. Les femmes, les immigrants récents et les victimes de discrimination raciale sont plus susceptibles d’être sans emploi et moins susceptibles d’avoir un emploi qui offre des avantages comme une couverture pour les médicaments sur ordonnance.
De plus, les peuples autochtones, les personnes de 18 à 44 ans et celles dont la santé est précaire ou dont le revenu est faible sont beaucoup plus susceptibles de ne pas prendre de médicaments en raison du coût.
Les peuples autochtones sont également confrontés à de nombreux autres problèmes d’accès aux médicaments sur ordonnance. Bon nombre d’entre eux font face à de longs délais ou se voient refuser l’accès aux médicaments dans le cadre du Programme des services de santé non assurés (SSNA) administré par le gouvernement fédéral.
La viabilité est également une question cruciale. Cœur + AVC recommande l’élaboration et la mise en œuvre d’un régime d’assurance-médicaments équitable et universel qui, non seulement traite de l’accès aux médicaments, mais aussi aide à réduire les coûts en augmentant le pouvoir d’achat et de négociation et en réduisant les frais administratifs.
Le système de santé canadien en bénéficierait également parce que la non-observance des ordonnances, qui serait probablement moins fréquente avec un régime universel, a été associée à une augmentation importante du taux de mortalité, des hospitalisations et des coûts.
On estime que chaque année, jusqu’à 640 personnes au pays meurent d’une cardiopathie ischémique parce qu’elles n’ont pas les moyens de payer leurs médicaments.
Q : Qu’est ce que le programme national d’assurance médicaments change pour moi à l’heure actuelle? Mes médicaments seront-ils couverts?
R : Le programme national d’assurance médicaments du Canada est déployé progressivement. La première phase porte sur des médicaments essentiels contre le diabète et sur les contraceptifs, en commençant par les provinces et les territoires qui concluent des ententes avec le gouvernement fédéral. Si vous habitez dans une province ou un territoire participant et que vous prenez des médicaments figurant sur cette première liste, vous pourriez désormais avoir accès à une couverture pour ces médicaments ou voir celle-ci s’améliorer.
Pour de nombreuses personnes, cette première phase ne permettra pas encore de couvrir tous les médicaments dont elles ont besoin. Il s’agit toutefois d’une première étape vers un programme national et universel visant à garantir à toute la population l’accès aux médicaments d’ordonnance essentiels, selon ses besoins et non sa capacité de payer.
Q. À quoi pourrait ressembler la prochaine phase d’un programme national et universel d’assurance médicaments?
R : Cœur + AVC recommande que la prochaine phase du programme fédéral d’assurance médicaments élargisse sa portée de manière responsable sur le plan financier.
Concrètement, cela passerait par l’établissement d’une liste de médicaments essentiels, notamment des médicaments d’ordonnance contre les maladies du cœur et l’AVC. Dans un premier temps, cette liste devrait comprendre des médicaments cardiovasculaires couramment utilisés par les personnes vivant avec le diabète (dont les principaux traitements sont déjà couverts dans la phase initiale), notamment les médicaments pour l’hypertension et le cholestérol.c.
- Consultez notre énoncé de position sur l’amélioration de l’accès aux médicaments.