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Le Canada doit avoir une assurance-médicaments

Yves Savoie, chef de la direction de Cœur + AVC, explique pourquoi le Canada doit avoir un tel régime.
Une professionnelle de la santé tient un contenant de pilules pendant qu’elle s’adresse à un patient.

Cœur + AVC demande au gouvernement fédéral de mettre en œuvre un régime d’assurance-médicaments national et universel. Nous avons demandé à Yves Savoie, chef de la direction de la fondation, de nous expliquer l’importance et les grandes lignes d’un tel régime au Canada.

Q : Pourquoi le Canada doit-il avoir un régime d’assurance-médicaments national?

R : Un sondage récent  révèle que les Canadiennes et les Canadiens sont en faveur d’un régime d’assurance-médicaments national; 93 % des répondants affirment que l’égalité d’accès est importante. Le Canada est le seul pays au monde  à avoir un système de santé universel qui n’offre pas de couverture universelle pour les médicaments sur ordonnance à l’extérieur des hôpitaux. 

C’est un problème qui amène les gens à prendre des risques qui compromettent leur santé. Cela signifie qu’il arrive à certaines personnes de couper un comprimé en deux pour qu’une médication dure plus longtemps ou, dans certains cas, de ne pas se procurer une ordonnance en raison de son coût élevé. Ce même sondage révèle que près de un ménage sur quatre a pris des risques similaires au cours de la dernière année.

Q : Pourquoi cet enjeu est-il si important pour Cœur + AVC?

R : Notre mission est de promouvoir la santé, de préserver la vie et de favoriser le rétablissement. Militer ardemment pour un régime d’assurance-médicaments national s’inscrit dans nos actions de mission. Nous savons que les maladies de l’appareil circulatoire sont les principales causes de mortalité au pays. En effet, toutes les cinq minutes, une personne meurt d’une maladie du cœur, d’un AVC ou d’affections connexes. En 2017, les pharmacies du pays ont vendu environ 94 millions de médicaments sur ordonnance pour le traitement des maladies cardiovasculaires, soit plus que toute autre catégorie de médicaments sur ordonnance.

Ces répercussions sont, de toute évidence, très réelles et montrent l’importance d’améliorer la prévention, le traitement, la prise en charge et le rétablissement en ce qui a trait aux maladies du cœur et à l’AVC. L’un des moyens d’y parvenir est d’améliorer l’accès aux médicaments en mettant en place un régime d’assurance-médicaments national et universel.

Q : Pourquoi est-il important que les personnes qui sont à risque, qui sont atteintes d’une maladie du cœur ou qui ont subi un AVC aient accès à des médicaments sur ordonnance?

R : Les médicaments sur ordonnance sont un aspect incontournable dans le traitement et la prise en charge de nombreuses affections cardiaques et cérébrales. Lorsqu’on les utilise correctement, ils peuvent sauver des vies. Mais il n’est pas seulement question des personnes qui ont déjà été touchées par ces maladies. Les médicaments contre l’hypertension artérielle, par exemple, peuvent aider à prévenir des problèmes de santé plus graves. 

Si les gens ont accès aux médicaments dont ils ont besoin, avant que leur situation ne s’aggrave, leur état de santé sera meilleur, ils passeront moins de temps à l’hôpital, et les coûts en soins de santé pourraient même diminuer.

Q : Pourquoi le système actuel est-il problématique? Ne couvre-t-il pas déjà les médicaments sur ordonnance de la plupart des gens?

R : La situation actuelle présente deux problèmes majeurs. Le premier concerne l’accès équitable. Le deuxième est une question de viabilité à long terme.
En ce qui concerne l’accès équitable, le système actuel comporte beaucoup de lacunes. Les femmes sont moins nombreuses que les hommes à bénéficier d’avantages sociaux de la part de leur employeur et sont plus susceptibles de ne pas prendre de médicaments sur ordonnance à cause des coûts de ceux-ci. 

De plus, les peuples autochtones, les personnes de 18 à 44 ans et celles dont la santé est précaire ou le revenu est faible sont beaucoup plus susceptibles de ne pas prendre de médicaments en raison du coût. 

Les peuples autochtones sont également confrontés à de nombreux autres problèmes d’accès aux médicaments sur ordonnance. Bon nombre d’entre eux font face à de longs délais ou se voient refuser l’accès aux médicaments dans le cadre du Programme des services de santé non assurés (SSNA) administré par le gouvernement fédéral. 

La viabilité est également une question cruciale. Cœur + AVC recommande l’élaboration et la mise en œuvre d’un régime d’assurance-médicaments équitable et universel qui, non seulement traite de l’accès aux médicaments, mais aussi aide à réduire les coûts en augmentant le pouvoir d’achat et de négociation et en réduisant les frais administratifs. 

Notre système de santé également en bénéficierait parce que la non-observance des ordonnances, qui serait probablement moins fréquente avec un régime universel, a été associée à une augmentation importante du taux de mortalité, des hospitalisations et des coûts. 

En fait, des études révèlent que la mise en œuvre d’un régime d’assurance-médicaments national permettrait d’économiser entre 4 et 9,4 milliards de dollars par année en dépenses publiques.

Q : Selon Cœur + AVC, à quoi devrait ressembler ce régime d’assurance-médicaments national?

R : Nous croyons que la meilleure façon d’aller de l’avant est d’élaborer et d’instaurer un régime conçu pour améliorer l’accès aux médicaments à prix abordable pour tous. Cela signifie que les gens pourraient obtenir les médicaments dont ils ont besoin, peu importe leur lieu de résidence, leur âge ou leur capacité à payer.

Nous croyons que ce régime devrait inclure une liste étoffée de médicaments admissibles et que l’État devrait être le premier payeur. Il s’agit d’un modèle hybride, qui permettrait à des payeurs privés de bonifier la liste par l’ajout d’autres médicaments, de marque déposée ou non, qui ne sont pas offerts par le régime public. 

Consultez notre énoncé de politique sur l’amélioration de l’accès aux médicaments au Canada.


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