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« On me parlait d’anxiété. »

Karen voulait croire que son cœur était fort et en santé. Elle souffrait en fait d’une maladie du cœur.

Karen Narraway courait sur un tapis roulant dans le bureau d’une cardiologue. L’infirmière autorisée de 52 ans était soumise à une épreuve d’effort pour aider à déterminer pourquoi ses battements de cœur s’accéléraient parfois, surtout lorsqu’elle était couchée dans son lit.

Alors que les capteurs mesuraient la pression artérielle et le rythme cardiaque de Karen, le technicien lui a soudainement dit d’arrêter de courir. Elle haletait et sa fréquence cardiaque était trop rapide. 

Après avoir examiné les résultats, la cardiologue a dit que le cœur de Karen semblait fort et en santé. La fréquence cardiaque rapide était probablement due à l’anxiété.

Des douleurs thoraciques croissantes

C’était en 2015. Karen s’était fait diriger vers la cardiologue et d’autres spécialistes par son médecin de famille pour qu’ils évaluent tous ses signes et symptômes, y compris un rythme cardiaque rapide et une douleur au bras gauche. Selon eux, les signes et symptômes étaient causés par la ménopause, l’arthrite, le syndrome du canal carpien et l’anxiété. Il n’a jamais été question de maladie du cœur.

Au cours des 18 mois suivants, Karen a pris les médicaments qu’on lui avait prescrits contre l’anxiété. Elle a essayé de rester active et de surveiller son alimentation, pensant qu’une indigestion pouvait faire partie de ce qui la rendait malade.

Elle a commencé à ressentir des douleurs thoraciques. Elle se souvenait de l’expérience de son père avec les maladies du cœur et s’est demandé si elle souffrait d’une angine de poitrine. La situation est devenue si grave que Karen s’est rendue à l’urgence. Le diagnostic était le même : l’anxiété. 

La volonté d’y croire

Karen était sceptique. « Tout ce qui m’inquiétait, c’était les douleurs thoraciques. » Toutefois, elle voulait croire que son cœur était en bonne santé. Elle est donc rentrée chez elle, équipée de nitroglycérine à vaporiser sous la langue au cas où elle ressentirait encore des douleurs thoraciques. 

Au travail, les collègues de Karen ont commencé à lui demander si elle allait bien. Elle avait souvent l’air pâle et épuisée, et elle perdait du poids. 

Comme ses douleurs thoraciques augmentaient, Karen a été soumise à une autre épreuve d’effort. Cette fois, le spécialiste l’a envoyée directement à l’hôpital, où d’autres tests ont révélé six blocages majeurs dans ses artères. En quelques jours, elle a subi un quadruple pontage coronarien.

Une maladie du cœur aggravée par le temps 

 « J’étais sous le choc, se souvient Karen. J’étais en colère que la situation ait échappée à tout le monde jusque là. » Les spécialistes lui ont dit que les blocages progressaient depuis longtemps, mais que ceux-ci n’étaient probablement pas assez graves pour qu’on les remarque à la première épreuve d’effort. 

Karen s’est rétablie lentement après son intervention chirurgicale, en juillet 2017. Elle a repris son emploi dans le domaine de la santé publique après six mois, mais est rapidement passée de temps plein à temps partiel, pour finalement prendre un congé de maladie. 

Aujourd’hui âgée de 56 ans, Karen est suivie de près par un cardiologue. D’autres blocages sont apparus depuis l’intervention chirurgicale, mais Karen a appris que ses vaisseaux sanguins sont trop petits pour que les blocages soient traités par endoprothèses ou avec d’autres pontages coronariens.

Elle gère l’angine de poitrine avec des médicaments. « À ce stade, j’essaie juste de rester en santé, et je fais de l’exercice à peu près tous les deux jours en ce moment. » 

Le pouvoir d’agir pour les femmes

En y repensant, Karen croit qu’elle aurait dû s’écouter ainsi que son corps. « Je pense que les femmes sont négligées parce qu’elles ne présentent pas tous les signes typiques. » 

En tant que professionnelle de la santé, Karen sait que les maladies du cœur se manifestent parfois différemment chez les femmes que chez les hommes. Par contre, elle pense que « c’était difficile pour les spécialistes de faire le lien ».

Elle croit qu’il est absolument essentiel de mener d’autres recherches pour comprendre ces différences et pour outiller les professionnels de la santé afin qu’ils puissent déceler plus tôt les maladies du cœur chez les femmes.

Elle ajoute aussi que la recherche aidera les femmes à comprendre leur propre corps. « J’aimerais sensibiliser davantage les femmes pour les aider à reconnaître les symptômes d’une crise cardiaque ou les premiers symptômes d’une maladie coronarienne. » 

La vie. Ne passez pas à côté.