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Comment transformer les échecs en facteurs de progrès

Vers l’atteinte de vos objectifs de santé, un revers peut être très enrichissant.
A young woman using a laptop and having a salad while working from home

On dit parfois que l’échec de la planification équivaut à la planification de l’échec. Voilà une phrase accrocheuse pour insister sur l’importance de la planification. C’est assurément important, mais la planification de l’échec devrait l’être tout autant. 

Cela ne veut pas dire être défaitiste ou négatif, mais être conscient que l’échec peut faire partie de presque tout ce que nous entreprenons. Nous pourrions nous fixer des attentes irréalistes ou éviter de prendre des risques si nous refusions d’accepter ce fait. La peur d’échouer peut nuire au succès.

Planifier l’échec

Pour la plupart d’entre nous, changer ses habitudes de vie pour intégrer l’activité physique ou modifier son alimentation, par exemple, est un énorme défi. Le parcours vers l’atteinte de nos objectifs <<link to https://www.coeuretavc.ca/articles/planifier-pour-vivre-en-sante >> est souvent semé d’embûches. De nombreuses tentatives peuvent être nécessaires avant qu’un changement à long terme ne se produise.

L’échec fait communément partie du changement ou de l’adoption d’un nouveau comportement, au point où il est inclus dans les étapes du changement. Il s’agit d’une théorie sur la modification du comportement basée sur le processus que suivent les fumeurs lorsqu’ils essaient d’arrêter de fumer. Elle reconnaît cinq étapes distinctes vers le changement :

  • Pré-réflexion (refuse le changement); 
  • Réflexion (considère le changement);
  • Préparation (planifie le changement);
  • Action (a récemment entrepris le changement);
  • Suivi/maintien (a adopté le changement il y a quelque temps).

Les étapes du changement intègrent la notion d’échec en mentionnant les rechutes. Le terme « rechute » est beaucoup plus positif qu’« échec »; il est impossible de faire une rechute sans avoir entrepris un changement. La personne qui rechute a donc commencé quelque chose, comme l’activité physique, mais elle arrête ou vit un revers temporaire.

Apprendre du passé

Lorsque vous planifiez introduire un changement de comportement, examiner les réussites et les échecs du passé peut vous aider. Disons que vous désirez suivre un nouveau régime alimentaire. Avez-vous déjà tenté de modifier vos habitudes alimentaires par le passé? Que pouvez-vous retirer de votre expérience? 

Vous avez peut-être déjà voulu épargner pour un projet de voyage. Quel est l’élément qui vous a aidé à atteindre votre objectif que vous pouvez utiliser cette fois-ci pour modifier votre comportement? Était-ce la discipline, la perspective, les ressources ou les connaissances?

Vous pouvez aussi tenter d’anticiper les situations qui vous exposent à un haut risque de rechute. Ce peut être un changement temporaire, comme partir en vacances; vous reprenez votre routine dès votre retour. D’autres tentations peuvent cependant être présentes dans la vie de tous les jours. Si vous voulez cesser de fumer, par exemple, il peut être difficile de passer du temps avec des amis qui fument. 

Comment arriverez-vous à gérer ces situations? Les éviterez-vous toutes, aurez-vous un plan pour les surmonter ou les accepterez-vous comme des revers temporaires avant d’aller de l’avant?

Prévoir l’imprévisible

Peu importe vos efforts de planification, anticiper toutes les situations qui peuvent mener à une rechute est quasi impossible. Par exemple, un de mes patients qui avait arrêté la cigarette depuis trois ans s’est remis à fumer après le décès de sa femme. Fumer l’aidait à composer avec sa perte. 

Un autre de mes patients a obtenu un nouvel emploi, ce qui le rendait vraiment heureux, mais avait des répercussions négatives sur son alimentation et son activité physique. Quelques mois ont été nécessaires avant qu’il retrouve une routine.

Si le succès n’est pas immédiat, sachez que les échecs ne sont pas une perte de temps ou d’énergie. Lorsque vous faites une rechute, faites le point. Ne vous blâmez pas, ce n’est jamais utile. Déterminez où vous en êtes. Souhaitez-vous recommencer?

Revenons aux étapes du changement : une rechute peut vous faire régresser d’une ou de plusieurs étapes. En réalité, une personne peut passer de l’étape de suivi/maintien à l’étape de pré-réflexion (comme ce patient mentionné précédemment qui a recommencé à fumer; il n’était pas prêt à cesser de nouveau). 

Cela nous rappelle que, pour tous les grands changements, nous devons accepter le fait que les échecs font partie du processus. Ils ne sont pas le signe de faiblesses personnelles.

Revenir sur la bonne voie

Que faire maintenant? La planification effectuée avant le changement de comportement peut aider à réagir en cas de rechute. Un nouveau plan de match peut toutefois être nécessaire. 

Voici quelques questions qui peuvent vous aider :

  • Quels sont les éléments qui vous ont permis de connaître du succès la première fois, et comment pourront-ils vous aider de nouveau? 
  • Quel était l’élément déclencheur ou la source de la rechute? 
  • Pouvez-vous remédier au problème ou devez-vous réévaluer votre approche?

Les échecs contribuent à renforcer la résilience qui nous permet de réessayer et de faire les choses autrement la prochaine fois. Mes travaux de recherche ont si souvent été rejetés, c’est presque ce à quoi je m’attends par défaut – je persévère pourtant en espérant qu’ils seront publiés du premier coup, en planifiant tout de même ce que je devrai faire s’ils ne sont pas acceptés.

N’oubliez pas, changer ses habitudes de vie n’est pas facile. Si vous voulez modifier votre alimentation, commencer à vous entraîner, cesser de fumer, ou quoi que ce soit d’autre, c’est probablement un comportement que vous voudrez garder pour le restant de votre vie. Au fil des ans ou des décennies, avoir un revers ou deux n’est pas la fin du monde. C’est même une partie intégrante du processus.

Le Dr Scott Lear est un chercheur réputé en prévention et en gestion des maladies du cœur. Il est titulaire de la Chaire de recherche en prévention des maladies cardiovasculaires à l’hôpital St. Paul’s, à Vancouver, de Pfizer/Fondation des maladies du cœur et de l’AVC, et professeur à la Faculté des sciences de la santé et au département de physiologie et de kinésiologie biomédicales de l’Université Simon Fraser. Le Dr Lear vit lui-même avec une maladie du cœur. Lisez son blogue, en anglais seulement, à l’adresse drscottlear.com.

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