Une jeune femme noire s'assied sur son lit et semble inquiète.

Cœur

De nouveaux indices pour contrer une cardiopathie mortelle

Des chercheurs font une percée sur la DSAC, une maladie touchant les femmes 
La Dre Jacqueline Saw a entendu trop d’histoires d’horreur : de jeunes femmes présentant des signes de crise cardiaque mais aucun facteur de risque, ou d’autres renvoyées à la maison sous prétexte qu’il était impossible qu’elles soient victimes d’une crise cardiaque! 

La maladie en question est appelée dissection spontanée de l’artère coronaire (DSAC). Neuf patientes sur dix atteintes de DSAC sont des femmes, souvent jeunes et en bonne santé. Cette maladie survient sans prévenir et est causée par une déchirure dans la paroi d’une artère du cœur qui bloque la circulation sanguine, ce qui peut déclencher une crise cardiaque.
 
Sudi Barre est l’une de ces femmes. Elle a failli mourir d’une crise cardiaque causée par une DSAC peu après avoir donné naissance à son fils. Trois ans plus tard, elle vit avec des lésions permanentes au cœur.
Je suis très heureuse de cette découverte.
Dre Jacqueline Saw - - Chercheuse subventionnée par Cœur + AVC

La Dre Jacqueline Saw, cardiologue à l’Université de la Colombie-Britannique, a un profond désir de comprendre la DSAC. Avec le soutien des donateurs de Cœur + AVC, elle et une équipe internationale de chercheurs sont parvenus à résoudre une bonne partie du casse-tête, comme l’atteste un article publié dans Nature Communications en septembre 2020. 

Identification des facteurs de risque génétiques 

L’équipe était codirigée par la Dre Saw et la Dre Santhi Ganesh, médecin chercheuse spécialisée en médecine cardiovasculaire et en recherche génétique à l’Université du Michigan. Elles ont analysé les dossiers génétiques de patientes atteintes de DSAC, à la recherche de facteurs communs; elles en ont trouvé sept. Le facteur prédominant est un gène appelé ADAMTSL4 qui régule une protéine se trouvant dans la paroi des artères du cœur, à l’endroit où survient généralement la DSAC.
 
« Je suis très heureuse de cette découverte », affirme la Dre Saw. Cette percée pourrait permettre de comprendre ce qui cause l’affaiblissement et la déchirure de l’artère.

À partir des facteurs génétiques identifiés, l’équipe a mis au point une cote de risque polygénique. Selon la Dre Saw, après d’autres analyses, la cote pourrait un jour aider à repérer les patientes à risque de subir une DSAC.  

Liens avec la migraine et d’autres maladies 

Une autre découverte a intrigué les chercheurs : la cote de risque était associée à un faible risque de subir le type de crise cardiaque le plus fréquent, soit celui où la plaque athéromateuse s’accumule jusqu’à rétrécir ou obstruer une artère.
 
Selon la Dre Ganesh, « on peut considérer que les facteurs qui font qu’une personne est à risque de développer une DSAC semblent la protéger contre une maladie athérosclérotique ».
 
Les chercheurs ont aussi démontré que la DSAC présente certains facteurs de risque génétiques en commun avec d’autres maladies, notamment la dysplasie fibromusculaire (DFM) ou les migraines. La Dre Ganesh indique que la biologie vasculaire commune de ces maladies fera l’objet d’une étude approfondie.
 
« Actuellement, lorsque nous voyons des patients atteints de DSAC à notre clinique et à l’hôpital, nous leur demandons systématiquement s’ils ont des migraines et s’ils entendent des sifflements, par exemple, car ce sont des symptômes communs aux patients atteints de DSAC et à ceux atteints de DFM », précise la Dre Saw. 

Prochains objectifs de recherche 

La Dre Saw a beaucoup appris au cours des dix dernières années en créant une base de données comprenant les quelque 3 000 patients participant à la Canadian SCAD Study, une étude subventionnée par les donateurs de Cœur + AVC. « Sans ce financement, nous n’aurions pas pu entamer cette étude génétique très importante », souligne-t-elle.
 
Elle continuera à suivre ces patients pour étudier leurs facteurs de risque et leurs résultats. Elle veut aussi axer l’étude sur les femmes comme Sudi Barre, qui a subi une DSAC après la naissance de son fils. « Elles ont tendance à être très malades et à faire une grave crise cardiaque », explique-t-elle. L’équipe recrute activement des femmes qui ont subi une DSAC après l’accouchement.
 
Entre-temps, les chercheurs établissent d’autres collaborations en combinant les données de grands groupes de patients atteints de DSAC afin de mieux déterminer les facteurs de risque génétiques complexes qui sont à l’origine de cette maladie.
 
Ultimement, l’objectif est de prévenir la DSAC.
 

  • Apprenez-en davantage au sujet de la  DSAC.
  • Lisez l’histoire de  Sudi Barre , qui a subi une DSAC.
 

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