Courtney Chartrand, survivante d’un AVC

AVC

Après un AVC à l’âge de 24 ans

Les chirurgiens ont finalement remis en place le crâne de Courtney. Elle a ensuite dû reconstruire sa vie.

Chapitre 1 Urgence

Une fin de semaine de mai 2020, Courtney Chartrand, 24 ans, se trouvait chez ses parents à Winnipeg pour les aider à préparer leur déménagement. Pendant qu’elle emballait des livres, sa sœur est allée chercher un aspirateur. À son retour quelques secondes plus tard, Courtney était étendue par terre et avait des convulsions.

« Je n’ai aucun souvenir de ce qui s’est passé par la suite jusqu’à mon arrivée à l’hôpital », mentionne Courtney, maintenant âgée de 25 ans. Même si elle présentait peu de facteurs de risque, les médecins ont déterminé qu’elle avait subi une thrombose veineuse du sinus sagittal supérieur, un type d’AVC rare, et qu’elle avait un gros caillot sanguin ainsi qu’un saignement au cerveau.

Subir un AVC est effrayant, peu importe l’âge, mais celui de Courtney s’est produit au plus fort de la première vague de la pandémie de COVID-19, ce qui signifie qu’elle s’est retrouvée seule à l’hôpital, sans son mari, Collin, ni ses parents à ses côtés.

Elle avait de la difficulté à comprendre et à mémoriser ce que son équipe de soins lui disait. « J’étais incapable d’en faire part à ma famille ni de m’en souvenir pour ma propre guérison. C’était une boucle sans fin de découragement. »

Le cerveau de Courtney était dangereusement enflé et la situation ne s’améliorait pas. Pour libérer la pression, les médecins ont décidé de retirer temporairement une partie de son crâne.

Ils ont remis son cuir chevelu en place avec des agrafes, mais en dessous, il n’y avait plus d’os, juste son cerveau. L’opération pour remettre en place son crâne a été retardée, en partie en raison des perturbations causées par la pandémie de COVID-19. Courtney a donc dû porter un casque rose conçu sur mesure pour protéger son cerveau, mais, au moins, elle a pu rentrer chez elle.

Top view of Courtney’s scalp, showing stitches from her surgery.

Les médecins ont remis en place le cuir chevelu avec des agrafes après le retrait d’une partie de son crâne. 

Courtney wears a pink helmet to protect her head after part of her skull was removed.

Courtney a dû porter un casque conçu sur mesure pour protéger son cerveau avant que son crâne soit réparé. 

Courtney donne un coup de masse sur son casque rose.

Une fois son crâne remis en place par les chirurgiens, Courtney a célébré son opération en détruisant le casque avec une masse.

Courtney and her husband, Collin, holding medals from the triathlon event.

Courtney et son mari, Collin, célébrant après avoir terminé le triathlon.

Chapitre 2 Rétablissement pendant la pandémie

Courtney a dû s’adapter pour vivre sans la moitié de son crâne. Sa mère devait lui laver les cheveux, car le faire elle-même engendrait un mal de tête qui durait des jours. Enfin, après trois mois, les chirurgiens ont remis en place son crâne. Courtney a célébré son opération en détruisant le casque rose avec une masse.

Toutefois, son rétablissement, tant mental que physique, ne faisait que commencer. « Je ne comprenais pas pourquoi je ne pouvais pas marcher ni réfléchir correctement, ni pourquoi j’étais si facilement agitée. Ça n’avait pas de sens pour moi. »

Au cours de sa réadaptation à domicile, Courtney a développé des stratégies pour obtenir les soins dont elle avait besoin malgré les restrictions liées à la pandémie de COVID-19. « J’ai dû faire des pieds et des mains pour m’assurer que je pouvais être accompagnée à tous mes rendez-vous médicaux. »

Je ne comprenais pas pourquoi je ne pouvais pas marcher ni réfléchir correctement, ni pourquoi j’étais si facilement agitée.
Courtney Chartrand

Après avoir emprunté le fauteuil roulant et le déambulateur de sa grand-mère pour réapprendre à marcher, Courtney a continué à faire des progrès.

Son beau-père lui a donné sa vieille bicyclette et elle est rapidement tombée amoureuse du cyclisme. Comme son équilibre était précaire au début, Collin devait marcher à côté d’elle pendant qu’elle pédalait. Alors que Courtney prenait de l’assurance, il a commencé à faire du vélo à ses côtés ou derrière elle. « Je n’étais pas seule, mais j’étais stable sans aide », se rappelle-t-elle. « J’ai gravi les échelons à partir de là. »

Les ajustements émotionnels se sont avérés plus difficiles. Au début, Courtney était en colère en raison de tout ce qu’elle avait perdu, notamment son travail d’enseignante au primaire qu’elle aimait tant.

Elle a également perdu des amitiés. Certaines personnes ne comprenaient pas que malgré l’absence de changement à l’extérieur, elle était une personne différente à l’intérieur; une personne qui a souvent du mal à trouver ses mots et qui a besoin de se reposer fréquemment pour préserver son énergie.

Chapitre 3 De nouvelles priorités

Ces pertes lui font toujours mal, mais Courtney a travaillé dur pour accepter que ses priorités aient complètement changé. « La vie est si courte et si fragile », explique-t-elle. « Je ne perds pas mon temps à faire des choses que je ne veux pas faire. »

Elle s’est également ouverte à de nouvelles expériences. Lorsque Collin a voulu participer à un triathlon et lui a demandé d’être sa partenaire, elle a décidé de se lancer. « Je me suis dit qu’après tout ce qu’il avait fait pour moi, je pouvais bien tenter l’expérience pour lui. Si j’avais besoin de ralentir et de marcher, ou si j’avais besoin de faire une pause, c’était tout à fait correct. »

Surmonter ses peurs a été plus difficile pour Courtney que de se rétablir physiquement, surtout au début.

Elle a terminé la course et s’est beaucoup amusée. L’activité étant virtuelle, les participants choisissaient leur propre itinéraire de nage, de vélo et de course. Cela a aidé Courtney à se concentrer à faire de son mieux plutôt qu’à compétitionner avec les autres.

En fin de compte, ce changement de perspective a été la plus grande leçon qu’elle a tirée de son AVC. C’est ce qui la guide alors qu’elle se rétablit et réfléchit à la suite. 

« La comparaison vole la joie, dit Courtney. Chaque fois que j’ai été frustrée, c’était parce que je me comparais à la personne que j’étais avant mon AVC ou à quelqu’un qui n’avait pas vécu mon expérience. J’ai appris qu’en arrêtant de me comparer aux autres, je suis vraiment plus heureuse, parce que je suis impressionnée par mes réussites. »